[CRITIQUE] « Late Night, Double Feature », réalisé par Collectif

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Sorti en Blu-Ray mais encore indisponible en France, Late Night Double Feature a su gagner une bonne réputation après ses passages en festivals de l’autre côté de l’atlantique. Film anthologique, canadien cette fois, il s’inspire fidèlement du principe de double feature (deux films pour le prix d’un) en ajoutant un fil rouge conducteur d’une troisième intrigue entre les courts métrages comme l’avait fait V/H/S en 2012. Contrairement à tous les anthorrifics sortis ces dernières années, Late Night Double Feature est le plus intéressant à suivre et original à ce jour puisqu’il propose seulement 2 moyens films et des parodies de pub dans une histoire qui les englobe toutes, quand les autres films à segments (Southbound, The ABCs of Death) ne donnent aucune réelle âme à leur concept.

On ne le dit jamais assez pourtant les canadiens sont des magiciens. Même si on reconnait tous le génie de David Cronenberg il ne faut pas oublier que c’est du Canada que viennent entre autres le premier slasher Black Christmas, le film de loup garou avant-gardiste Ginger Snaps, ou encore en 2014 le très méconnu The Editor (y’a Paz De La Huerta) véritable hommage noir aux giallos. Avec Late Night Double Feature, c’est le sous genre de l’anthologie horrifique qui retrouve un coup de jeune. Entre une ambiance tirée de The Rocky Horror Picture Show et un style grindhouse, le film passe par des clichés grotesques (les cannibales, le clown, le scientifique fou…) mais n’hésite pas à jouer la carte de l’auto-dérision tout en rendant ça divertissant, surtout cohérent, avec une touche rétro qui colle parfaitement au délire.

Le risque toujours avec ce genre de production c’est que l’ennui pointe le bout de son nez, la faute à des segments qui sont souvent inégaux et c’est d’autant plus lassant quand on voit qu’un des réalisateurs de la partie s’est forcé à pondre quelque chose (Ti West dans ABCs c’est de toi que je parle). Excepté le dernier acte qui traîne un peu en longueur et le deuxième vrai film dans le film au ton si sérieux que même des personnages fictifs se sont endormis devant (ça c’est du bon méta), le rythme est solide. Les fausses pubs sont amusantes, l’émission Dr Nasty’s Cavalcade of Horror et l’envers du décor sont aussi catchy (+1 point pour le succulent faux générique façon série z), il y a également des faux trailers tellement efficaces qu’on aimerait que ces films existent.

Tout est très second degré mais on ressent quand même la passion des réalisateurs et acteurs derrière ce pot-pourri horrifique, certaines scènes sont même des clins d’œils à Zombie et Halloween pour ne citer que ces classiques. La mise en scène est fluide, la photographie excellente seul le son pèche à de rares moments.

Le premier métrage diégétique est le plus solide des deux. Un soir, un jeune cuisinier est appelé par un couple pour préparer un grand festin directement chez eux. Ce que les clients ont omis de préciser, c’est qu’ils sont vegans cannibales. Le Chef n’a d’autre choix que d’abdiquer s’il ne veut pas passer à la casserole. Dinner For Monsters de son petit nom, est dans le même esprit que la globalité de Late Night Double Feature. Le postulat très cocasse offre des moments légers, à partir de là le moyen film est plus amusant qu’effrayant mais se laisse apprécier. Les personnages sont excentriques même si l’acteur (Nick Smyth) qui incarne le cuisinier sort du lot. Assaisonné à l’image de Blood Dinner, ce segment commence par des scènes absurdes, puis subtilement sexuelles, pour finir dans un massacre jouissif très série B.

Quant au deuxième film, le ton est beaucoup plus sérieux. On suit un homme qui est payé pour couper des gens, aucun problème avec les impôts jusqu’à ce qu’il tombe sur une punk à chien pas très coopérative. Si le métrage qui servait d’amuse gueule était intéressant, celui ci est tout le contraire. Il a beau être plus gore et sage, son intrigue peu crédible (oui des cannibales bourgeois c’était crédible laissez moi) ne suscite pas grand intérêt, le personnage principal n’est pas attachant et après coup l’histoire semble inachevée. Late Night Double Feature se termine en véritable bain de sang en n’oubliant pas son humour décalé.

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