[CRITIQUE] « La Sentinelle des Maudits », réalisé par Michael Winner

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Top modèle très demandée, Allison Parker emménage dans un appartement au cœur de New York. Détail curieux, un prêtre aveugle habitant au tout dernier étage passe l’intégralité de son temps posté à la fenêtre. Au fur et à mesure qu’Allison va faire connaissance avec ses nouveaux (et parfois très étranges) voisins, le quotidien va commencer à se dérégler. La jeune femme souffre de migraines et de malaises de plus en plus prenantes, et ses cauchemars la confrontent à ses traumatismes les plus profonds : L’appartement ne serait t’il pas maléfique ?

Passé à la trappe et méconnu du grand public par la nouvelle génération habituée aux nouvelles bouses horrifiques de nos jours, La Sentinelle des Maudits est indéniablement l’un des chefs d’œuvres majeurs du cinéma de genre des années 1970. Parmi la multitude de films de genre de l’époque, le film se classe parmi ceux qui sont sous-estimés et malheureusement oubliés.

Sorti en 1977, l’année même ou les jeunes de l’époque découvriront pour la première fois Star Wars au cinéma, La Sentinelle des Maudits est réalisé par Michael Winner, cinéaste Britannique de renom, autrefois spécialiste du western, du polar et par la suite considéré comme réalisateur au ton réactionnaire, connu essentiellement pour son film radical et violent Un Justicier dans la ville (1974) avec Charles Bronson, Winner laisse derrière lui un cinéma réaliste, pessimiste et ultra violent. Pour La sentinelle, Winner garde le même rythme, tout en changeant de ton et oubliant son acteur fétiche Charles Bronson en confiant le rôle principal à une jeune inconnue, Cristina Raines.

La Sentinelle des Maudits explore le mythe du fantastique, sur fond de chrétienté et de mythe superstitieux,  tout comme Amityville, la maison du diable sorti 2 ans après, Michael Winner présente un New-York des années 1970 insalubre et oppressant,  une jeune et jolie femme plante le décor, elle sera l’héroïne du film, le spectateur suivra tout au long de l’histoire ; sa descente aux enfers, après une visite chez ses mystérieux voisins, la top modèle est en proie à des hallucinations, crises et malaises inexpliquées, le mystérieux prêtre posté à sa fenêtre au dernier étage du bâtiment laisse à penser que l’endroit habité est maléfique, une malédiction ? Un secret enfoui ? Beaucoup d’éléments qui nous laissent comme indice que personne, pas même l’héroïne n’en sortira indemne.  Ces visions macabres et sanglantes accompagneront le personnage principal à son abominable et interminable cauchemar. Allison Parker, n’est-elle pas folle ? Une première théorie plus ou moins concordante, d’autant que cette dernière  a été maltraitée par un père malsain et pervers, expliqué lors d’un bref flash-back, elle  tentera d’ailleurs de se suicider en se coupant les veines. De ce fait, le film explore quelque peu les névroses et traumatismes de la jeunesse. La dernière partie du film est centrée essentiellement sur l’épouvante et l’horreur sur fond de satanisme.

Emblème cinématographique du cinéma fantastique des années 1970,  le chef-d’oeuvre de Michael Winner présente un casting pour le coup impressionnant avec bon nombre d’acteurs reconnus de l’époque : Jeff Goldblum (La Mouche), Eli Wallach (Le bon, la brute et le Truand), Ava Gardner, Christopher Walken (Dead Zone), Burgess Meredith (Rocky) Si beaucoup de cinéastes se sont inspirés de ce film, notamment d’Alejandro Aménabar pour  son film Les Autres (2001) Le réalisateur Winner se serait vraisemblablement inspiré de bon nombre de films comme ceux de la Hammer, et également mentionner la référence et comparaison évidente de certains films de Roman Polanski sortis à la même époque comme  Rosemary’s Baby(1968) et  essentiellement Le Locataire(1976), même thème et dénouement, celui d’une descente aux enfers à mi-chemin entre la folie et le fantastique.

Dépassé par de nombreuses lenteurs, une bande-son hallucinante et par un ton très seventies, La Sentinelle des maudits s’inscrit dans la lignée des films qui nous flanquent une belle frousse,  une oeuvre majeure et typique de son époque, saisissant jusqu’au bout, ce film se doit être exploré sur toutes ses formes et doit servir de leçon de cinéma.

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