[CRITIQUE] « La 9ème vie de Louis Drax », réalisé par Alexandre Aja

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Le jour de son neuvième anniversaire, Louis Drax frôle la mort dans un accident. Bien décidé à connaitre les circonstances, le docteur Allan Pascal plonge dans une enquête qui va l’amener aux frontières du réel et du fantastique.

Autrefois considéré comme l’étoile montante du cinéma gore avec des films comme Haute Tension ou La Colline A Des Yeux, il semble qu’Alexandre Aja se soit tourné depuis quelques années vers un cinéma de genre plus intimiste et moins provocateur. Le premier fruit de cette nouvelle direction artistique fut Horns, sorti en 2013 et adapté du roman éponyme de Joe Hill. Pour son septième long-métrage, le réalisateur français décide à nouveau de se baser sur une oeuvre littéraire, à savoir ici La 9ème Vie de Louis Drax de Liz Jensen.

Sorti originellement en 2008, le livre (et le film) nous expose le récit du jeune Louis Drax, âgé de 9 ans, qui semble avoir un lien plus que proche avec la mort puisque sa vie fut marquée par moult accidents à priori mortels mais dont il ressort toujours vivant. Mais suite à un nouvel accident qui aurait dû lui coûter la vie pour de bon, le docteur Allan Pascal (interprété par Jamie Dornan) va tenter de percer le mystère qui entoure le jeune garçon. Ce que l’on peut déjà comprendre au vu de ce pitch ô combien intriguant, c’est que Alexandre Aja nous offre ici un film beaucoup plus personnel que tous ses précédents essais et que l’usage du fantastique est avant-tout psychologique.

Dès les premières minutes du film, l’approche du réalisateur porte avant tout sur les rapports humains entre les personnages et en particulier sur la famille, thème prédominant du récit. On sent ainsi que Aja semble trouver dans la littérature l’impact émotionnel qui pouvait lui manquer dans ses premières réalisations, qui étaient néanmoins beaucoup plus portées sur la surenchère sanguinolente. Alors qu’ici, le fantastique n’a au final qu’une place assez secondaire, de la même manière que dans I Am Not A Serial Killer de Billy O’Brien, lui aussi adapté d’un best-seller.

Néanmoins, passé ce postulat intéressant et inédit venant de son réalisateur, le métrage multiplie très vite sous-intrigues et autres flash-backs censés nous faire découvrir les relations entre les parents de Louis Drax ainsi que leur entourage. C’est précisément à ce moment que le récit tombe dans la lourdeur en empilant les clichés de romance niais et anecdotiques. Par ailleurs, le film nous est en grande majorité narré par l’intermédiaire du jeune Louis, en voix-off. Ce qui aurait pu donner au film un côté innocent et enfantin, à la manière d’un conte fantastique comme Quelques Minutes Apres Minuit, ne fait en réalité que renforcer son côté niais, nous faisant ainsi instantanément décrocher de l’histoire, en plus du fait que le jeune garçon peut se révéler très agaçant par instants.

Mais ce qui choque le plus, c’est la forme que prend le long-métrage. Durant tout le visionnage, on a la curieuse sensation que le film ne semble jamais se donner les moyens à la hauteur de ses ambitions. La photographie (pourtant dirigée par Maxime Alexandre, chef-opérateur de Aja depuis ses débuts) semble très souvent bâclée et fade, la faute à un éclairage beaucoup trop clair dans la plupart des scènes, ce qui a tendance à enlaidir les couleurs du film et nous donne l’impression de juste regarder une série B cheap. Ce côté cheap est même renforcé par un casting qui ne se démarque jamais et où aucun acteur du casting ne tire son épingle du jeu, la faute à un manque d’impact chez certains, en particulier Aaron Paul (Breaking Bad) qui va très souvent dans le sur-jeu.

Difficile de ne pas être déçu.e à la fin de cette 9ème Vie de Louis Drax. Alors que la nouvelle direction artistique de Alexandre Aja avait un gros potentiel, son inspiration ne l’a pas suivi et on se retrouve ainsi avec un film ne semblant jamais savoir à quel style il appartient, très peu passionnant et qui donne l’impression d’avoir cruellement manqué de moyens pour réellement pouvoir proposer quelque chose de marquant, en dépit de certaines idées louables. Une déception donc qui, on l’espère, va motiver le réalisateur à réécrire à nouveau ses propres scénarios (chose qu’il n’a plus fait depuis Piranha 3D) et ainsi, pourquoi pas, retourner à quelque chose de plus viscéral.

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