[CRITIQUE] « Kong : Skull Island », réalisé par Jordan Vogt-Roberts

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Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

Le mythe de King Kong a été vu, revu, repris et adapté sous tous les supports possibles depuis sa création dans le film de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack en 1933. Par conséquent il s’agît surement du monstre de fiction le plus populaire de l’histoire du cinéma. Le film (de 3 heures, c’est important de le préciser) réalisé par Peter Jackson en 2005 a rendu le mythe extrêmement populaire aux yeux du grand public. Son adaptation étant loin d’être parfaite, on y ressentait quand même l’effort de développer son scénario et ses personnages tout en exprimant son amour pour le gorille géant.

Mais en 2017, la Warner nous fait l’immense plaisir (ironie palpable) de produire un nouveau King Kong soi-disant en lien avec l’univers de Godzilla produit en 2014 par Legendary Pictures. Réalisé par un certain Jordan Vogt-Roberts ce film semble sortir de nulle part sans qu’on l’ait réellement demandé alors que l’adaptation de Peter Jackson est encore dans les mémoires. Certes le mythe est sans cesse adapté de nouveau mais là rien n’obligeaient les studios à en faire un nouveau long-métrage (À PART L’ARGENT ÉVIDEMENT). Et qu’est-ce qui se passe quand on place un yes-man à la tête d’une énorme production ayant pour but premier de faire de l’argent ? C’est un désastre absolu et encore le mot reste faible.

C’est un film qui vient se placer dans la droite lignée de Jurassic World dans sa conception. On y retrouve donc la recette populaire parfaite qui consiste à allier tous les pires clichés du cinéma commercial avec un ton beauf et ‘’cool’’ à la sauce Marvel. En résulte la plus mauvaise adaptation du mythe de King Kong jamais faites. Les personnages sont tous plus caricaturaux les uns que les autres. Tom Hiddleston joue le parfait gentil blond aux yeux bleus dont la seule utilité scénaristique se résume à être…gentil. Brie Larson paraît complètement invisible face à la caméra, elle n’exprime pas une seule émotion plausible et on a du mal à croire qu’elle ait remporté un Oscar il y a un an. Samuel L. Jackson incarne quant à lui le parfait méchant portant toute la haine du monde en sa personne sans que ça ne soit réellement justifié par le scénario. Et John Goodman tente de combler sans succès l’inutilité de son rôle au sein du film, ne servant que pour les 30 premières minutes. Le scénario est tout aussi catastrophique que les personnages, histoire de garder un ensemble cohérent quand même. Les coïncidences et les incohérences s’enchaînent dans le plus grand des calmes sans que ça ne perturbe la narration du film, tant que ça la fait avancer. Le principe du film c’est de ne pas laisser son spectateur s’ennuyer pendant deux secondes. Ne surtout pas s’écarter du cahier des charges de la Warner pour proposer un produit le plus lisse possible.

Sur le point de vue esthétique on a rarement vu un enchaînement de plants tous plus horribles les uns des autres de par le kitsch de leurs couleurs. On dirait que la seule référence du directeur de la photo c’était les fonds d’écrans windows. La forêt tropicale n’a jamais été aussi verte et le soleil ressemble plus à un stabilo fluo qu’à autre chose. La production se permet en plus certaines petites citations à Apocalypse Now mais les couleurs  et le propos sont tellement insoutenables que ça devient vite une insulte au film de Coppola. Le long-métrage s’appuie constamment sur un pseudo hommage aux années 70-80 se traduisant dans la musique notamment. Ayant pour unique but de faire illusion auprès des cinéphiles et des fans pour les amadouer plus facilement. La créature de King Kong n’a jamais été autant dépourvue d’émotions. Son utilité se résume à un amas d’effets spéciaux qui tape sur des hélicoptères et joue avec sans jamais être traversé par le moindre sentiment de doute ou d’hésitation. Son aspect robotique et artificiel ne touche pas le spectateur une seule seconde, sa seule interaction avec Brie Larson se limite à un demi-regard.

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