[CRITIQUE] « Jigsaw », réalisé par les frères Spierig

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Après une série de meurtres qui ressemblent étrangement à ceux de Jigsaw, le tueur au puzzle, la police se lance à la poursuite d’un homme mort depuis plus de dix ans. Un nouveau jeu vient de commencer… John Kramer est-il revenu d’entre les morts pour rappeler au monde qu’il faut sans cesse célébrer la vie, ou bien s’agit-il d’un piège tendu par un assassin qui poursuit d’autres ambitions ?

7 ans après le dernier, supposé, chapitre de la franchise à succès Saw, le tueur au puzzle est enfin de retour. Appelé Jigsaw (son patronyme outre-Atlantique), ce huitième film relance la franchise avec une nouvelle direction. Les frères Spierig, habitués à faire de bonnes choses, prennent l’héritage de Wan, Bousman, Hackl et Greutert. Côté scénario, ce sont les scénaristes de Piranha 3D (Josh Stolberg et Peter Goldfinger) qui se chargent de créer un nouveau jeu. Est-il difficile de relancer une saga après ces années d’absence ? Oui.

Ceci est une révolution

Jigsaw commence sous les chapeaux de roues. Le style de ce nouveau volet est aux antipodes des précédents. Tout est épuré. Oubliez les montages saccadés et les environnements saturés propres à la franchise. Il s’agit bel et bien d’un changement de taille. L’idée est de relancer une franchise qui s’était essoufflée au fil des épisodes. En ayant pris le temps de confectionner un nouveau film, les producteurs étaient attendus au tournant. Force est de constater que cette évolution n’est pas une révolution : les pièges sont moins grotesques certes, mais l’intrigue sent le déjà-vu. On change la forme, on garde le fond.

Jigsaw est un reboot

Un constat est de mise : Jigsaw n’est pas une suite à la franchise créé par James Wan et Leigh Whannell. Il ne s’appelle pas Jigsaw par hasard. Le but est de créer une nouvelle mythologie pour une nouvelle génération de spectateurs. C’est là qu’arrive les incohérences dans le film. Sans spoilers, le film ne fait aucune référence aux anciens opus (les clins d’oeil ne comptent pas arhem). John Kramer est Jigsaw, point. Il a eu un cancer, point. Il décide de tester des personnes, point. Tous les arcs narratifs partent aux oubliettes, histoire de ne pas faire fuir les nouveaux spectateurs. Et si le film a été écrit dans la continuation des sept premiers volets, Jigsaw fait figure de suite totalement ratée, insensée. Le twist-ending rate le coche et laisse le spectateur dans une bouillie scénaristique convenue. Les fans pourraient hurler d’hystérie dans la salle.

Tout n’est pas à jeter pour autant. Les pièges sont bons et sont loin de la surenchère gore et grotesque des précédents films. Même si les actions des personnages anecdotiques sont vites calculées, les pièges laissés par Jigsaw sont jouissifs et redoutables. Ils auraient été encore plus efficaces si les personnages avaient le temps d’exister. Oui, c’est paradoxal dans un film d’horreur, mais les pièges de la franchise Saw sont toujours connectés à leur victime. Dans Jigsaw, le jeu principal est effacé entre une enquête insipide et des scènes aux dialogues ringards.

Côté casting, il est à la hauteur des précédents : aussi efficace qu’un caillou sur une mandoline. Anna Vanderwoort et Tobin Bell réussissent toutefois à émouvoir tandis que tous les autres ne sont que de la chair à pièges. Les meurtres passent sans émouvoir et le sort des personnages laissent indifférents.

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