[CRITIQUE] « Insidious : La dernière clé », réalisé par Adam Robitel

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Le docteur Elise Rainier, la brillante parapsychologue, va affronter le cas le plus effrayant et le plus personnel de son histoire : elle doit intervenir dans sa propre maison…

Pas le temps pour nous de se reposer après les fêtes, Insidious: La Dernière Clé sort en ce début d’année 2018, et au vu des extraits que nous avons pu voir, le film compte bien en mettre plein la vue. Instaurée par James Wan en 2011, la franchise a rencontré un franc succès et ne déméritait pas : Son confrère Leigh Whannell et lui-même avaient trouvé le bon compromis pour raconter une histoire de fantômes, d’esprits et de possession, de manière originale en renouvelant le concept de maison hantée et en créant un tout nouvel univers, là où d’autres – pour schématiser – ne se seraient arrêté qu’à une vulgaire copie de l’Exorciste (Dès que l’on parle de possession démoniaque, les raccourcis sont faciles). Il faut donc saluer l’effort de ces deux hommes pour avoir fait dans l’originalité. 7 ans après et 3 opus plus tard, la franchise tente de réinsufler une nouvelle vie là où l’on pensait avoir tout vu. Leigh Whannell, ayant repris la direction de la franchise pour le 3e film, avait quelque peu divisé les spectateurs en coupant court avec l’histoire que nous connaissions. Terminé le tandem Patrick Wilson / Rose Byrne qui contribuait au succès de la série. Place à de nouveaux acteurs de second plan et aux clichés de l’ère du temps : L’enchaînement de jumpscares. La machine commence, et ce prématurément, à donner de sérieux signes de fatigue. La peur, telle qu’elle était présentée et intelligemment distillée n’est plus au goût du jour.

À moins que… Insidious: La Dernière Clé a, quant à lui, pour mission de raviver des souvenirs liés à la grande médium de la saga, Élise Rainier, accompagnée de Specs et Tucker, les deux chasseurs de fantômes aux compétences pour le moins douteuses… Mais qu’en est-il de ce 4e et dernier opus en date?

Un changement de titre, des bruitages sonores moins incisifs… Mais surtout une pauvreté scènaristique abyssale. Voilà en quelques mots ce que nous pouvons retenir de ce nouveau chapitre, qui remplit tant bien que mal son rôle pour tenter de raccorder ce 4ème volet à l’original. Et c’est probablement là le seul et unique objectif de cette oeuvre qui, objectivement, n’a aucune vraie raison d’exister puisque, et nous le savions tous intérieurement, la franchise n’a plus rien à nous présenter depuis le départ de James Wan. Pourtant Leigh Whannell (par ailleurs, l’interprète de Specs) n’est pas étranger à cette série de films pour avoir été le scénariste à l’origine du phénomène. Force est de constater avec cet opus que le manque d’originalité se ressent bel et bien. L’atmosphère n’est jamais véritablement palpable (à l’exception peut-être des premières minutes), mais très vite les incohérences et l’invraisemblable rapport relationnel qui unit nos protagonistes se fait sentir, au point de nous perdre dans les méandres du grand guignolesque au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans le Lointain.

Le Lointain, parlons-en : Cet univers parallèle qui faisait le charme des premiers films et qui fascinait par son étrangeté… bafoué de part et d’autre par un décor de moins en moins mystérieux et une ambiance sonore complètement délaissée. Bien sûr, l’aspect découverte n’est plus de mise puisque nous avons l’occasion de retrouver cette ambiance si singulière d’un film à l’autre, mais à aucun moment celle-ci ne parvient à se montrer effrayante ou menaçante. Nous n’avons à la place qu’une simple succession de scènes aléatoires qui ne nous plonge jamais réellement dans l’enjeu du film… Probablement parce que celui-ci présente un moindre intérêt.

Une fois que l’on passe outre le discours traditionnel sur le bien et le mal et les bons sentiments à la pelle, nous pouvons nous attarder sur le reste ; si tant est qu’il reste quelque chose à dire. Insidious: La Dernière Clé ne nous propose concrètement rien de transcendant. Il réussit l’exploit cela dit de reprendre les mêmes codes que ses aînés pour en faire quelque chose de moins réussi. Nous retrouvons donc ici le même humour, la même trame narrative, le même cheminement et des dialogues qui – en plus d’être mal écrits – sont d’une niaiserie difficilement égalable. Tout sonne faux, et peut-être est-ce précisément la raison pour laquelle le film ne fonctionne pas. A l’exception d’une situation plutôt comique et d’un ou deux jumpscares vraiment efficaces (à noter que ce 4e film en comporte déjà moins que le précédent), la qualité du long métrage laisse à désirer. Insidious: La Dernière Clé n’affirme jamais sa légitimité auprès du public ; comme si le film lui-même ne croyait pas en ce qu’il propose. Le sentiment de peur ne peut malheureusement pas se propager dans ces conditions. Au mieux, il ressortira une certaine appréhension dans l’anticipation de certains jumpscares, au pire, il ne restera qu’un goût amer et la désagréable sensation de s’être fait avoir…

En résumé, Insidious: La Dernière Clé ne mérite pas que l’on y accorde un intérêt quelconque. Même si l’on y retrouve une certaine nostalgie, le film ne peut objectivement pas se reposer sur le travail de James Wan pour exister. Il doit apporter une nouvelle dimension pour se démarquer de ses prédécesseurs, mais force est de constater que nous avons fait le tour du sujet.

Insidious: La Dernière Clé
1

Cnclusion

Cet épisode permettrait de boucler la boucle, et il serait bon que la franchise tire sa révérence avant qu’elle n’aille trop loin et entache la notoriété des premiers opus qui, en plus de disposer de nombreuses qualités, se suffisent à eux seuls.

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