[CRITIQUE] « Green Room », réalisé par Jeremy Saulnier

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Au terme d’une tournée désastreuse, le groupe de punk rock The Ain’t Rights accepte au pied levé de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon… pour finalement se retrouver à la merci d’un gang de skinheads particulièrement violents. Alors qu’ils retournent en backstage après leur set, les membres du groupe tombent sur un cadavre encore chaud et deviennent alors la cible du patron du club et de ses sbires, plus que jamais déterminés à éliminer tout témoin gênant…

Dans la longue liste des réalisateurs prometteurs, le nom de Jeremy Saulnier revient très fréquemment auprès des cinéphiles. Avec Murder Party et Blue Ruin, ses deux premiers essais, le jeune réalisateur/scénariste s’est fait remarquer pour l’esprit bis totalement assumé qu’il insuffle dans ses oeuvres. Son troisième film, intitulé Green Room, était donc très attendu et après une grande tournée des festivals, celui-ci sort enfin dans nos contrées.

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Avec un scénario aussi prometteur que le sien (un groupe de punk pris au piège dans un bar néo-nazi), Green Room avait de quoi titiller la curiosité des fans de survival sans-pitié mais également celle des fans de culture punk/metal. Et à ce titre, force est de constater que le film réussit à satisfaire ses deux publics-cibles d’une bien belle manière. En effet, sans jamais tomber dans les clichés ou autres stéréotypes, ce mélange des deux univers donne au métrage une atmosphère très singulière et prenante, qui nous tient en haleine durant ses 1h35.

Car avant d’être un véritable film d’horreur, nous avons avant tout affaire à un thriller, mené d’une main de maître par une réalisation et une écriture toutes deux excellentes. En plus de bénéficier d’une photographie à tomber par terre (qui alterne entres différentes nuances de… vert, bravo vous suivez bien.), les plans sont exécutés à la perfection et participent au suspense délicieux auquel nous sommes confrontés (le tout sans aucun jump-scare, alléluia !). Il va être difficile de ne pas ronger votre siège en voyant la tension insoutenable de certaines séquences, qui ne sont pas sans rappeler un certain Assaut de John Carpenter

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Contrairement à ses précédentes réalisations, Saulnier s’entoure cette fois-ci d’un casting bien plus imposant avec en grand méchant Patrick Stewart, alias Professeur Xavier dans la saga super-héroïque X-Men. Mais ironiquement, ce sont surtout les acteurs interprétant ses futures victimes qui crèvent l’écran, en particulier Anton Yelchin (Fright Night), Imogen Potts (Chatroom) ainsi que Alia Shawkat (Maeby de Arrested Development, série injustement méconnue en France). Les trois acteurs sont en totale immersion dans leurs personnages confrontés à une situation plutôt problématique et semblent véritablement s’amuser comme jamais, en particulier lors du climax final, particulièrement plaisant.

Mais au delà de son suspense, le film nous offre également des moments extrêmement tendus, où le sang coule à flot. On regrettera juste la censure de certains passages par le distributeur français du film, une initiative déjà limite sur le papier et exécutée ici très maladroitement à grand renforts de coupes assez vilaines, certains plans gores ne durant plus qu’un quart de seconde à peine (!). Soyez néanmoins rassurés, vous en aurez tout de même pour votre argent avec certains effets gore très réussis, qui apporte à l’atmosphère « crade » du film, qui s’accentue au fur et à mesure que l’histoire progresse..

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Comme vous avez pu le constater tout au long de cette critique, « efficace » est l’adjectif parfait pour décrire Green Room. Nous avons ici affaire à un pur défouloir réellement jouissif et prenant, baignant dans un esprit très anglais typiquement « no future » qui lui correspond à merveille. Cet esprit « british » se ressent même avec quelques petites notes d’humour très bien dosées destinées aux fans de cinéma d’horreur et de culture punk (notamment un dialogue final déjà culte, qui prend à contre-pied tous les clichés du genre).

Si l’on peut juste lui reprocher certains raccourcis de scénario peut-être un peu simples et une scène finale en deçà du reste, on ne peut toutefois pas gâcher notre plaisir devant ce survival plus que généreux, rythmé par une BO aux petits oignons, qui vous fera headbanger comme jamais. Comme le crie le groupe Dead Kennedys : NAZI PUNKS FUCK OFF !

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