[CRITIQUE] « Girl House », réalisé par Trevor Matthews

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Afin de payer ses frais de scolarité, une jeune étudiante nommée Kylie emménage dans une « maison chatroulette ». Tout se passera bien jusqu’à ce qu’un des auditeurs déjà instable se fasse lynché par les filles de la maison et décide de se venger.

C’est en travaillant sur The Shrine, le deuxième film d’horreur du duo canadien Jon Knautz/Trevor Matthews, que ces derniers ont eu l’idée de faire un slasher sur le monde de la pornographie en ligne, un matériau au final peu exploité dans le genre horrifique. Délibérément inspiré de Halloween et s’il n’est donc pas des plus originaux, Girl House est néanmoins un slasher avec une prémisse insolite et particulièrement divertissant.

Histoire de donner le ton, Girl House démarre sur les chapeaux de roues avec une phrase du tueur en série Ted Bundy dans laquelle il invoque l’influence de la pornographie sur son comportement. Après cette provocation de mauvais goût, on aurait pu s’attendre à ce que le film ne soit en fait qu’un pamphlet d’1h30 sur les dangers de la pornographie mais il n’en est rien. Knautz et Matthews évitent de tomber dans un délire moralisateur, ne nous servant que certaines pistes de réflexion. D’ailleurs plusieurs personnages, des principaux aux très secondaires, sont confrontés à la pornographie et ne sont pas pour autant tous des psychopathes, déso pas déso les catholiques conservateurs.

Un conseil pour les lectrices, ne vous moquez jamais du chibre d’un petit garçon ou vous créerez un psychopathe. C’est ainsi que le prologue introduit Loverboy, qui après avoir tué la petite peste qui l’a humilié, deviendra le tueur qu’on connait. Le film fait ensuite un saut dans le temps pour présenter le personnage principal, Kylie (Ali Cobrin), une jeune étudiante en besoin d’argent qui ne voit qu’une solution, celle de s’exhiber sur un site pornographique en ligne puisque jouer les serveuses ça ne paye pas assez et que c’est pas une fille facile quand même. Son personnage est la final girl parfaite, la Erin (You’re next) du porno. Elle représente cette femme moderne qui sait ce qu’elle veut, quitte à se déshabiller devant des millions d’inconnus car je fais ce que je veux c’est mon corps sans être réaliste quant aux dangers d’internet. Car c’est là un des propos majeurs qui intéresse les réalisateurs, les risques que provoquent cette liberté qu’on peut prendre en partageant aveuglement notre identité et notre vie sur le web. Le film d’horreur Megan is missing et pour le plus soft Trust traitent aussi bien ce sujet. A l’instar de Hostel 2 mais sans aller aussi loin, Girl House montre l’étendue internationale de cette entreprise, le voyeurisme de l’Homme n’étant plus à démontrer.

En parallèle de son activité secrète, Kylie n’est qu’une étudiante lambda comme le sont certains des internautes sur le site Girl House. C’est sur cette phobie qu’a voulu joué Trevor Matthews, on ne sait jamais qui se trouve de l’autre côté, on se croit protégé par un écran alors que sévit peut être un psychopathe derrière un pseudo. Pour éviter toute généralité, le personnage de Kylie entretient plus tard une relation avec un ancien ami qui l’a reconnue sur le site. Cette partie du film ne sert pas à grand chose si ce n’est opposer les différents points de vue sur les conséquences d’un tel choix de vie et d’ajouter une touche de tension pour le climax final. Il ne faut pas oublier que Girl House est un slasher, le tueur est alors le deuxième personnage le plus intéressant. Loverboy est particulièrement bien écrit, on arrive à éprouver de la sympathie pour le psychopathe qui n’est en réalité qu’une victime comme l’était celui du film Prom Night de 1980. Son style n’est pas sans rappeler celui de Myers mais avec une touche de Toolbox Murder et Tourist Trap, à noter le jeu subtil du rappeur Slaine qui rend son personnage particulièrement touchant.

Girl House prend le temps qu’il faut pour poser son intrigue et arrive à maintenir un rythme en alternant des séquences sur Loverboy et les deux vies que mène le personnage principal. Les autres filles qui travaillent avec Kylie ont chacune leur personnalité distincte sans jamais avoir une réelle prestance si ce n’est pour évoquer quelques scènes d’érotisme plutôt soft mais rafraîchissantes. Les meurtres sont quant à eux considérablement violents, ne serait-ce que pour mentionner une mort par asphyxie sextoyale. La maison où vivent les filles étant entièrement filmée, la tension est alors très bien gérée puisque divers angles de caméras sont utilisés. Enfin, bien que la pornographie soit le sujet principal de Girl House, jamais le long métrage ne tombe dans l’exhibitionnisme gratuit et beauf mais préfère miser sur juste ce qu’il faut de sexy.

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