[CRITIQUE] « Freddy – Chapitre 3: Les griffes du cauchemar », réalisé par Chuck Russell

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Tous les adolescents d’Elm Street ont disparu sous les griffes de Freddy. Les survivants internés dans un hôpital psychiatrique et épaulés par Nancy Thompson, vont s’unir à travers leurs rêves pour combattre le boogeyman une bonne fois pour toutes.

Comme l’actrice Heather Langenkamp dans le rôle de la première final girl, Wes Craven est de retour (seulement en tant que scénariste) pour cette suite -presque- directe, 6 ans plus tard. 3 autres noms, maintenant reconnus pour les 2 tiers, s’ajoutent au scénario : Bruce Wagner, Frank Darabont et Chuck Russell (réalisateur également) pour qui Les griffes du cauchemar est le premier gros long métrage de leurs carrières respectives. Autant dire que les efforts mis derrière cette production se ressentent puisque ce Freddy 3, qui succède l’épisode « le plus gay » de la franchise, est passablement un des meilleurs A Nightmare on Elm Street.

Ce sequel développe un peu plus son univers en se concentrant non pas sur Freddy Krueger (qui voulait se réincarner dans Jesse a.k.a Mark Patton dans l’opus précédent) mais principalement sur les rêves et les possibilités monstrueuses offertes par notre inconscient. Chaque patient à sa particularité, il y a un personnage somnambule, un muet, un handicapé… ainsi chaque patient à son rêve, aussi bien dans le sens d’une inspiration réelle (l’une d’eux veut être une star de télévision) qu’au sens des songes. Le film explore ces multiples visions par des séquences de cauchemars meurtriers mémorables, avec un emploi du gore proche du premier et qui font monter la sauce, on sent notamment l’inspiration prise par la figure de Jigsaw (un petit vélo grinçant qui arrive sort de nulle part). On retrouve la véracité visuelle et scénaristique des Griffes de la nuit, quand La revanche de Freddy était plutôt sur la réserve en terme de moyens.

Moins terre à terre que les précédents, Wes Craven et ses comparses se sont donnés un malin à plaisir à pousser plus loin l’aspect fantastique dans des scènes grand-guignolesques mais sans tourner à l’absurde, dont certaines qui ne se produisent plus seulement dans les rêves comme ce squelette mort vivant donnant des coups de pelle façon Evil Dead. L’intervention de l’hypnose ajoute un cachet freudien à l’histoire où se confrontent l’opinion scientifique à un monde plus complexe et imaginaire, aussi bien synonyme du conflit générationnel qui est une grande thématique de la franchise. Avoir choisi un hôpital psychiatrique comme décor n’est pas anodin, lieu d’où vient d’ailleurs ce cher Freddy, qui dans ce film parait retrait mais est tout de même omnipotent, laissant la place à une ambiance glauque plutôt que des punchlines bien senties. Le retour aux sources du « Maître de l’horreur » signe pourtant la fin d’une ère. Nancy Thompson (et son père), survivante du premier, meurt, laissant cette nouvelle génération d’héros sans modèle.

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