[CRITIQUE] « Final Girl », réalisé par Tyler Shields

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Recueillie par un inconnu alors qu’elle n’est qu’une enfant, la jeune Veronica va passer son adolescence à devenir une tueuse en herbe pour être la final girl la plus redoutée.

A l’origine photographe, Tyler Shields est passé à l’étape logique suivante qui est celle de la réalisation avec Final Girl. Sorti dans la plus grand des calmes en 2015, on retrouve au casting les moins méconnus Abigail Breslin (Maggie, Fear, Inc.), Wes Bentley (2è Sous sol) et Alexander Ludwig (Scream Girls). Les clichés du photographe/réalisateur étant plutôt provocateurs, il n’est pas surprenant qu’il ait choisi l’horreur comme genre pour son premier long métrage. Malheureusement la route vers le grand écran est encore longue pour Tyler Shields puisque Final Girl n’est pas loin derrière Smiley dans le classement, s’il en est, des plus mauvais films d’horreur.

Le problème majeur de Final Girl et qui en fait pourtant sa particularité est la réalisation. Chaque scène ressemble à un cliché (au sens photographique) où les acteurs se meuvent. On sent bien que tous les plans sont conçus comme des belles photos ce qui donne un rendu poseur, prétentieux et les scènes sont alors gênantes même ridicules. C’est froid, plan-plan, l’esthétique maniérée créer une sorte d’intemporalité accentuée par les décors qui se résument à deux ou trois lieux différents, peu de personnages et des costumes de bal de promo. On regarde simplement une énorme galerie filmée.

 Le film commence comme un Nikita cheap, Veronica (Abigail Breslin) est élevée par le personnage de Wes Bentley qui l’éduque depuis 12 ans pour devenir une parfaite « final girl » vengeresse. Sur 1h25 de pellicules, on passe une cinquantaine de minutes à suivre les 2 protagonistes qui se préparent pour l’examen hunter tout en faisant les présentations avec la bande de psychopathes qui serviront de repas à ce rape & revenge revisité. Final Girl se divise en 2 parties inégales, la relation entre Veronica/son mentor occupe les 3/4 du film tandis que les 25 dernières minutes sont consacrées à la partie slasher, c’est là un autre gros bémol qui détruit carrément le rythme. On peut voir Final Girl comme un film d’auteur à proprement parler pourtant son schéma scénaristique est trop scolaire. Pour que ce soit au moins intéressant, le réalisateur aurait du pourquoi pas commencer comme un slasher ordinaire et petit à petit découper la tension avec des flashbacks qui expliqueraient qui est réellement Veronica. Ainsi le film aurait pu créer la surprise, la réécriture du concept de final girl par Tyler Shields aurait eu un quelconque intérêt.

Le constat est que Final Girl est un véritable gâchis qui n’apporte rien de bien nouveau au sous genre du slasher, l’écriture des personnages n’aide pas non plus. Les 4 psychopathes que va chasser Veronica dans le climax final sont caricaturaux au possible, même si celui interprété par Alexander Ludwig relève un peu le niveau. Même les plus grands tueurs en série du 21ème siècles n’ont pas l’air aussi cinglés, l’oscar du plus grand forceur revenant à Logan Huffman qui joue la pire interprétation de Jack Torrance jamais-vu. Tyler Shields dit s’être inspiré de Kubrick mais n’est pas Kubrick qui veut, la bande de joyeux lurons tueurs de minettes s’amuse à jouer les Droogies/Patrick Bateman du pauvre mais sont plus risibles qu’effrayants. Final Girl a beau être un mauvais film, ce n’est que le premier essai, forcément plein de bonnes intentions, de Tyler Shields. Il a quand même tenté de s’arrêter sur des détails toujours intéressants à traiter, notamment le lien flou qui unit Veronica et son mentor et les tensions dans le groupe d’amis assassins. Cependant, ces scènes n’arrivent jamais au bon moment, s’ajoutent à ça de la philosophie à 2 balles à base de yolo-carpe diem et de la psychologie de bas étage qui plongent un peu plus le film dans le ringard.

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