[CRITIQUE] Le fantôme vivant, réalisé par T. Hayes Hunter

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Un médecin excentrique, passionné d’égyptologie, poursuit des recherches sur les sciences occultes. Il découvre une pierre qui aurait le pouvoir de conférer l’immortalité. Peu avant sa mort, il prévient ses héritiers qu’il compte se faire enterrer avec la précieuse pierre et que ceux qui se risqueront à la lui dérober subiront les foudres de sa vengeance. A peine le docteur est-il mis en terre que ses descendants, ne pouvant résister à la tentation, font main basse sur le précieux caillou. Conformément à sa prédiction, le docteur renaît d’entre les morts et entreprend de se venger…

Réalisé durant l’âge d’or du cinéma fantastique parlant, qui aura duré de 1931 à 1936, Le Fantôme Vivant nous présente l’histoire du Professeur Morlant qui, dans ses dernières volontés, demande à être enterré avec son amulette, « La Lumière Éternelle », qui lui permettra d’accéder à l’immortalité. Ne pouvant compter sur son domestique, qui lui dérobera l’artefact avant d’être inhumé, Morlant mettra à exécution sa malédiction : Revenir d’entre les morts pour abattre sa vengeance meurtrière.

Avant de débuter la critique à proprement parler, il est bon de noter que Le Fantôme Vivant est un film ayant connu une histoire atypique. En effet, pendant de longues années nombreux sont ceux ayant cru le film perdu à jamais. Pourtant, et prêt de 30 ans plus tard, une copie sera retrouvée mais malheureusement en très mauvais état et tronqué de plusieurs minutes. Ce ne sera en fin de compte qu’au début des années 2000, qu’enfin, une version considérée comme intégrale, sera retrouvée en Angleterre, lieu du tournage de Le Fantôme Vivant ou, dans sa version originale, The Ghoul.

Disons le de suite, Le Fantôme Vivant impressionne. Prêt de 85 ans après sa sortie, la photographie, menée d’une main de maître par Gunther Kampf (Nosferatu), délivre une atmosphère des plus succulentes et nous ne pouvons qu’être admiratif devant un tel travail. Secondé une nouvelle fois par le savoir faire allemand en la personne de Alfred Junge, vous obtenez un noir et blanc d’une qualité époustouflante qui franchement, n’aurait pas à rougir avec les productions actuelles. La bande-originale est, elle aussi, incroyable. Souffrant rarement de craquements si typique des réalisations de cette époque. Loin de grandes éloquences, le ton choisi est doux et s’accorde parfaitement avec l’image nous laissant pantois devant une telle oeuvre.

Si la technique est tout bonnement impressionnante, le casting, lui, n’a pas à rougir de la comparaison, jugez-en par vous mêmes : Cédric Harwicke (Le Fantôme de Frankenstein, La Guerre des Mondes, Les Dix Commandements, etc…), Ralph Richardson (Histoires d’outre-tombe, Le Docteur Jivago, Greystoke La Légende de Tarzan, etc…), Ernest Thesiger (La Fiancée de Frankenstein, Une Soirée Étrange, César et Cléopâtre, etc…) et enfin et surtout, Boris Karloff (Le Chat Noir, La Momie, Frankenstein, etc…) qui ici tient le premier rôle. Un casting 5 étoiles donc et qui aurait pu, aurait du, emmener Le Fantôme Vivant vers un succès rutilant !

Néanmoins, il n’en sera rien. Mal accueilli lors de sa sortie en salle (Août 1933), Le Fantôme Vivant, issu d’une pièce de théâtre de Frank King, essaye de surfer sur le succès que rencontre le genre aux Etats-Unis. Malheureusement nous sentons bien que le tout manque de consistance et si les acteurs jouent admirablement, dur de ne pas sentir le manque d’épaisseur des personnages et qui, donc, inévitablement peine à faire s’envoler le film. Pourtant, le début était des plus prometteurs mais rapidement Boris Karloff, pourtant premier rôle, disparaît de l’écran pour ne revenir que bien plus tard pour abattre sa malédiction. Un entre deux trop lent, trop mou vient alors jouer les troubles fêtes et le tout vient être sauvé (trop tard ?) par une fin horrifique loin d’être dénuée de charme. Un contenu bien maigre donc…

Contenu bien maigre qui se retrouve dans le combo Blu-Ray/DVD, les bonus n’étant que très peu et où seul Jean Pierre Donniet vient nous régaler de ses connaissances. Restera uniquement, après ce petit passage de 7 minutes, une galerie photo. Pour le reste, nada, on retournera au film, tout simplement et surtout, tout penaud… Une édition à l’image du film donc.

Que retenir de Le Fantôme Vivant ? Déjà un travail technique époustouflant, dévoilant tout le savoir faire des différents acteurs ayant travaillé et ne prouvant qu’une chose, ces hommes étaient des orfèvres. Pourtant, quelle déception tant le tout à goût d’inachevé. Personnages plutôt creux, histoire en rappelant de nombreuses autres (La Momie) et surtout un Boris Kaploff bien trop absent. Nul ne doute pourtant que le film trouvera preneur chez les fans inconditionnels de l’acteur mais aussi chez ceux souhaitant poser leurs yeux sur le premier film du genre horrifique ayant été reconnu comme tel en Angleterre.

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