[CRITIQUE] « En Eaux Troubles », réalisé par Jon Turteltaub

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Jonas Taylor est un ancien capitaine de la Marine et un plongeur spécialisé dans les eaux profondes. Il est recruté pour plonger dans l’océan Pacifique, pour sauver une équipe de scientifiques coincée dans l’épave d’un submersible attaqué et endommagé par un requin préhistorique de vingt mètres de long, connu sous le nom de Mégalodon. Engagé par un océanographe chinois, Taylor devra surmonter ses peurs et affronter une seconde fois le prédateur qu’il a auparavant rencontré lors d’une expédition pour sauver des hommes et des femmes piégés dans les profondeurs de l’océan.

En Eaux Troubles (The Meg) est un film sino-américain réalisé par Jon Turteltaub, mettant en vedette l’icône du cinéma d’action Jason Statham, le film explore à son compte le sharkploitation. Pour la première fois de sa carrière, le héros Statham, longtemps cantonné aux films coups de poing et policier va devoir affronter l’un des pires prédateurs des eaux : en l’occurrence un requin surdimensionné sorti tout droit des profondeurs des abysses. Aperçu de loin, le film peut être vu comme un renouvellement d’une énième aventure sanglante de requin affamé et maladroit, n’être qu’une pale copie des Dents de la Mer ou n’être qu’un énième nanar de la lignée des opus Shark Attack. Exploré de près, le film nous rassure et nous envoie une gifle colossale en spectacle. Tous les moyens sont bons pour enfin redonner souffle aux plus tranchantes des mâchoires de la mer et c’est ainsi qu’En Eaux Troubles est une parfaite réussite, dotée d’une parfaite mise en scène et de scènes d’action prêtes à vous couper le souffle.

En Eaux Troubles commence son démarrage avec des airs de films de James Cameron, rappelant au passage l’un de ses chefs-d’œuvre comme Abyss (1989), Aliens, le retour (1986) ou encore Avatar (2009), sur fond de film futuriste où la technologie a connu un bond en avant, nos personnages explorent les merveilles des profondeurs de l’océan, mais alors que le film s’enlise dans les profondeurs obscures et inquiétantes de l’océan, nos personnages font face à l’un des requins préhistoriques jamais vu dans l’histoire du cinéma à savoir, le Mégalodon, une espèce éteinte surdimensionnée.

Le héros du film, Jason Statham, expatrié en Thaïlande et enclin à l’alcool à la suite d’un fiasco est contraint, à contre cœur, de reprendre du service pour y sauver à nouveau un équipage. Aussitôt dit aussitôt fait, nos personnages remontent à la surface et c’est alors que s’engage un duel aussi spectaculaire que sensationnel, sous un soleil de plomb et d’un océan inquiétant à perte de vue, un requin géant prend sa revanche, une lutte acharnée prend place opposant l’homme à l’animal. Jonas Taylor incarné par Statham s’apparentant involontairement à un John McClane des eaux pour y sauver son équipe, défiant avec courage et obstination un gigantesque requin dévorant tout sur son passage et totalement imprévisible. Les scènes d’action et de suspense s’enchaînent à un rythme détonant qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière seconde avec effets spéciaux époustouflants.

 

Si la trame rappelle fortement le dernier bon film sur les requins Peur Bleue (1999), En Eaux Troubles se rapproche délicatement mais habilement aux Dents de la Mer (1975) de Steven Spielberg. C’est surtout ce combat acharné que mènent certains individus contre un prédateur invincible sur un bateau, cages anti-requins, harpons et armes automatiques qui rappellent évidemment ce trio célèbre des Dents de la mer : Quint, Brody et Hooper face au sanguinaire carcharodon carcharias à bord de l’Orca. La scène la plus spectaculaire restant cependant l’attaque d’une plage, où là encore, les clins d’œil se multiplient au chef-d’oeuvre de Spielberg et nous rappellent aussi Piranha 3D d’Alexandre Aja, excluant toutefois les effusions de sang. Pour autant, l’histoire, les personnages et les origines de l’animal passent à la moulinette au profit de l’action, du sensationnel et des retournements de situations. Nos personnages deviennent peu à peu de pâles caricatures au profit parfois d’un humour risible et potache.

Jon Turteltaub, cinéaste en vogue à Hollywood, s’est fait d’abord connaître en réalisant l’un des films les plus cultes de ses vingt dernières années avec Rasta Rockett (1993) s’ensuivront bon nombre de longs-métrages marquants comme Phénomène (1996) avec John Travolta ou encore Benjamin Gates (2004) et sa suite. Turteltaub semble rendre son hommage personnel aux Dents de la Mer au travers d’un film fantastique au sens propre du terme, balayant au passage toute cette vague de mauvais films de requins de ces dernières années.

Spectaculaire et subtil mélange d’action, science-fiction et d’aventure, En Eaux Troubles insuffle un grand bol d’air frais et peut être considéré comme le meilleur film de requins de ces dernières décennies.

En eaux troubles
4

Conclusion

Spectaculaire et subtil mélange d’action, science-fiction et d’aventure, En Eaux Troubles insuffle un grand bol d’air frais et peut être considéré comme le meilleur film de requins de ces dernières décennies.

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[CRITIQUE] « En Eaux Troubles », réalisé par Jon Turteltaub