[CRITIQUE] « Digging Up The Marrow », réalisé par Adam Green

No Comment

Le tournage d’un documentaire explorant la représentation des monstres dans les arts et la réalité à partir de laquelle les artistes créent leurs créatures fantastiques prend une tournure étrange lorsqu’un homme prétend pouvoir prouver que les monstres en question existent réellement…

Adam Green s’est fait connaître grâce au huit clos à ciel ouvert Frozen (la version télésiège de 2010) mais c’est réellement la trilogie horrifique Hatchet (1 et 2 > 3) qui lui a valu une place dans le « groupe » de réalisateurs indépendants à succès Splat Pack aux côtés de James Wan, Alexandre Aja, Wes Craven ou encore Rob Zombie, plébiscités pour avoir fait renaître un courant de films gores et violents malgré de faibles budgets. Apparaissent fréquemment dans ses projets des pontes du cinéma d’horreur (ça doit être encore plus bandant pour lui que pour nous), avec Lloyd Kaufman et Tony Todd entre autres, Digging Up The Marrow atteint le summum de guests orgastiques. Malheureusement même s’il a beau être prometteur, jouer avec nos sentiments n’aura pas suffit pour redresser la qualité ce mockumenteur qui ne sait pas trop sur quel pied danser.

Et si quelque part dans ce monde existaient vraiment un Frankenstein ou un Homme-Ours-Porc? Par ce postulat très aguicheur, le réalisateur nous expose deux versants de l’imagination. Il y a ceux qui s’en servent comme d’un principe justifiant que les monstres n’existent pas et les fous peut être pas si fous que ça. Cependant Digging Up The Marrow nous rappelle vite qu’il est une fiction car William Decker, l’homme qui prétend que les monstres sont réels, est (brillamment) interprété par Ray Wise. L’élément perturbateur (et donc le seul vrai personnage du film) est fictif, il aurait été plus pertinent de la jouer 100% méta comme l’avait tout bêtement fait Joaquin Phoenix avec I’m Still Here.

Le plus gros problème avec le film d’Adam Green c’est Adam Green. Qu’il se mette en scène dans son propre long-métrage n’a rien de gênant en soi, en revanche l’utiliser comme objet de promotion comme il le fait devient vite agaçant. Si on devait boire un verre à chaque fois qu’apparaît une référence sur sa boîte de prod Ariescope Pictures ou un élément du décor en rapport avec sa filmographie le coma éthylique serait à portée de main. En plus de ça il n’est même pas un bon acteur. Son « personnage » est d’ailleurs à l’image du film. En basculant sans cesse du cynique au j’ai envie d’y croire, on ne sait jamais si on doit prendre tout ça au sérieux ou juste en rire.

Il en va de même avec la mise en scène. Tourné en sitcom pendant les interviews entre Decker et Green et le reste du temps façon documentaire, les différents parti-pris du réalisateurs ne permettent pas de donner un ton sincère à son oeuvre. Des scènes sont volontairement humoristiques mais ne font pas complètement mouche, heureusement qu’elles sont jouées par un magnifique casting: Kane Hodder, Mick Garris et Tom Holland qui les rendent amusantes d’une certaine manière. En fait quand ce n’est pas Green qui prend de haut le personnage de Decker, ce sont les potos du Hollywood horrifique qui se moquent d’Adam Green.

Bien que le discours méta ne soit pas aussi efficace qu’espéré, ça reste un bon divertissement d’1h30 qui fera plaisir à tous les fans du genre. La nuit, un cimetière perdu dans la forêt, soi disant des monstres et une caméra à l’épaule pour filmer le tout suffisent amplement à faire peur. L’horreur ou en tout cas le mystère autour de William Decker ne sont pas très ingénieux mais font leur effet. Aussi comme Green, on ne sait pas s’il dit vrai ou s’il est simplement fou jusqu’à ce qu’on voit de nos propres yeux los famosos monstres. Leur design a été créé à partir de dessins d’Alex Pardee qui a travaillé avec Zack Snyder sur Sucker Punch. Ils semblent tout droit sortis de comics, leur look plutôt fantasque et très inspiré de la pop culture change des créatures clichés dont on à l’habitude.

Le dernier grand « mais » de Digging Up The Marrow on le doit à une fin tirée par les cheveux avec une brosse à twists. Parce qu’ils ont foutu leur nez où il ne fallait pas, les bébêtes qui n’avaient rien demandé sortent de sous terre pour se venger. Cela aurait pu fonctionner sauf que rien n’est très crédible, ces choses qui ont vécu sous terre pendant x années deviennent soudain des pourritures psychopathes qui envoient des messages de menace? La volonté de finir comme finirait un vrai film d’horreur échoue, cette conclusion est beaucoup trop tragique contrairement au ton adopté le reste du long métrage.

Balance ton commentaire

Back
SHARE

[CRITIQUE] « Digging Up The Marrow », réalisé par Adam Green