[CRITIQUE – FEFFS 2018] « Dead Ant », réalisé par Ron Carlson

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Un groupe de rock complètement passé de mode et ridicule veut tenter un comeback au festival de Coachella, dans le désert californien. Dans leur van, accompagnés de leur manager corrompu, ils vont faire un rapide détour pour trouver de la drogue et tenter une expérience sensorielle. Mais, à la nuit tombée, leur manque de respect pour la nature va en faire les cibles d’une poignée d’insectes surdimensionnés et affamés.

A bien y réfléchir, la réussite d’un bon midnight-movie ne tient finalement qu’à quelques éléments-clés qui, s’ils sont correctement suivis et suffisamment bien exploités, suffisent à générer un carton lors de ses projections en festival, devant un public toujours aussi dévoué et rempli de dérision. Un peu de rock, un peu de drogues et surtout beaucoup de bestioles voraces, voilà ce qui nous attend au programme de Dead Ant, réalisé par un Ron Carlson très enthousiaste à l’idée de présenter son long-métrage devant son premier public français. Qu’il se rassure, nous n’avons pas été déçus du voyage.

Si l’on ne se fiait qu’à notre simple jugement objectif et premier degré, Dead Ant serait définitivement considéré comme un mauvais film. Entre son acting souvent en sur-jeu, ses justifications scénaristiques inexistantes ou encore (et surtout) ses effets spéciaux cheap dont même SyFy ne voudrait pas pour ses Sharknado, le constat est tout de même peu reluisant. Mais à l’instar de beaucoup de films diffusés dans le cadre de cette section Midnight Movies, tout son intérêt réside non pas dans les caractéristiques techniques et artistiques de l’oeuvre en elle-même, mais bel et bien dans son potentiel de fun débordant. Et à ce jeu, Dead Ant s’en sort avec les honneurs.

De son introduction complètement gratuite et inopinée jusqu’à sa bataille finale sur fond de power ballad, tout a été fait pour créer un spectacle de pur n’importe quoi assumé et dans lequel tout son casting (dont un Sean Astin et un Tom Arnold qui passaient par là) s’en donnent à cœur joie. De la même manière qu’un Deathgasm avec le heavy, toute l’imagerie du glam metal des années 80 est ici parodiée à outrance, mais sans jamais discréditer le style, afin de créer une atmosphère fun, gore, sans aucune barrière du bon goût mais surtout, qui ne prend jamais son spectateur pour plus bête qu’il ne l’est.

En d’autres termes, Dead Ant n’a aucune autre vocation que nous offrir ce qu’on est en droit d’attendre de son synopsis, à savoir un combat désertique entre un groupe de metal et des fourmis géantes. Ron Carlson le sait et le fait d’une manière à la fois décontractée mais également jouissive, avec quelques blagues qui font mouche, à condition d’être dans les conditions idéales pour les apprécier. On a beau vouloir être objectif sur toute oeuvre se présentant à nous, il est préférable parfois de ne pas trop vouloir se prendre la tête pour ce genre de long-métrages, et encore moins pour celui-ci.

Dead Ant
2.5

Conclusion

Si son aspect technique est clairement aux fraises, Dead Ant ne ment absolument pas sur sa marchandise et nous offre exactement le divertissement midnight movie dont on avait besoin, ni plus ni moins. A voir obligatoirement en bonne compagnie seulement.

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