[CRITIQUE – FEFFS 2018] « Cutterhead », réalisé par Rasmus Kloster Bro

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Rie, jeune mère de famille, descend sous terre dans un univers exclusivement masculin, pour réaliser le portrait d’hommes employés dans une tête de forage. Après un accident, elle reste prisonnière d’un sas de décompression aux côtés d’un expert et d’un jeune migrant.

Alors que la majorité des festivaliers du FEFFS s’attendaient à ce que des gros événements comme The House That Jack Built repartent avec le tant convoité Octopus d’Or (bien que celui-ci remporta avec le Méliès d’Argent du meilleur film européen), c’est un nouveau venu danois qui a pleinement réussi son braquage, récoltant d’une part le Grand Prix du Jury, mais également le Prix du Public. Ce film, c’est Cutterhead. S’aventurant dans le schéma économique mais exigeant du huis-clos souterrain, son pitch simplissime mais néanmoins attractif était en proie à nous réserver moult scènes angoissantes et oppressantes à souhait à en faire fuir les plus claustrophobes de la salle.

Mais à notre grand malheur, rien ne se crée devant le visionnage de Cutterhead, pour la simple et bonne raison que celui-ci plonge bien trop frontalement dans tous les poncifs du huis-clos à tendance sociale, comme on en voit déjà depuis des années. Toutes les thématiques inhérentes aux maximes comme « L’homme est un loup pour l’homme » nous sont ici répétées à la lettre, mais sans aucune véritable justification ni même cohérence scénaristiques, à tel point que certains revirements de personnalités semblent être introduits grossièrement d’une scène à l’autre dans le seul but d’ajouter un semblant de gravité à l’intrigue.

Sauf que ces revirements, en plus d’être prévisibles, nous laissent tout simplement passifs et le rythme interminable du film n’aide en rien à notre implication dans le sort des personnages. Quant bien même certaines audaces de réalisations sont effectivement assez surprenantes (comme ce final intégralement muet, uniquement rythmé par la respiration dans un masque à oxygène), cela ne suffit pas à révéler une intrigue dont on attend éternellement un retournement de situation radical faisant redécoller la situation de nos personnes, quitte à la basculer complètement l’univers dans le fantastique.

Comme vous avez pu le comprendre, l’ennui et la prévisibilité sont les maîtres-mots de ce Cutterhead, qui avait toutes les clés en main pour proposer un huis-clos véritablement angoissant et jouant avant-tout sur les non-dits et la surprise. Hélas, Rasmus Kloster Bro n’arrive jamais à vraiment nous captiver, ni même à nous faire éprouver le moindre frisson d’angoisse, tout juste nous parvenons à mobiliser notre intérêt durant sa première demi-heure, pour finalement décrocher intégralement jusqu’à un final audacieux mais qui s’avère juste être poussif.

Cutterhead
2

Conclusion

Prix du Jury et du Public de cette onzième édition du FEFFS, Cutterhead ne se contente d’aligner machinalement les clichés du huis-clos moderne à tendance sociale, sans jamais y apporter le moindre suspense ou même rebondissement, la faute à un scénario manquant cruellement de subtilité. Un succès au palmarès qui laisse perplexe.

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[CRITIQUE – FEFFS 2018] « Cutterhead », réalisé par Rasmus Kloster Bro