[CRITIQUE] « Creepy », réalisé par Kiyoshi Kurosawa

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Un ex-détective devenu professeur en criminologie s’installe avec son épouse dans un nouveau quartier, à la recherche d’une vie tranquille. Alors qu’on lui demande de participer à une enquête à propos de disparitions, sa  femme fait la connaissance de leurs étranges voisins.

Après Tunnel, c’est au tour de Kiyoshi Kurosawa (aucun lien, fils unique) de nous surprendre avec Creepy, un thriller dans la lignée de Harmonium sorti en 2016. Genre de prédilection du réalisateur japonais, il s’est fait découvrir en 1997 avec Cure après avoir passé sa vie d’étudiant en sociologie à tourner des courts métrages sur le campus. Salué à de nombreux festivals, entre autres Gerardmer et le BIFF, c’est encore un thriller asiatique réussi sorti en salle cette semaine et qui mérite largement 2 heures de vos vacances.

2 ambiances se distinguent dans Creepy, il démarre comme un film à suspense où on suit le quotidien du couple Takakura en même temps que l’enquête. Kurosawa a connu un stand by dans sa carrière suite à l’échec de son film Joshi Dasei : Hazukashii seminar, le mari lui est un ancien flic converti en professeur de criminologie après un accident de parcours mais l’inspiration du réalisateur ne s’arrête pas là. Si vous êtes habitués aux films/romans d’enquête, la première partie est assez prévisible puisqu’elle est vécue depuis le personnage de Koichi, on comprend qu’il se ment à lui même, ses actions entre celles de l’introduction et celles « 1 an plus tard » sont contradictoires. Influencé par le cinéma de Carpenter, Don Siegel ou encore George Romero, Koichi (Echoes) Takakura est un policier passionné et entêté, l’inspecteur typique de série B. Heureusement la révélation arrive en milieu de film pour le faire basculer dans le thriller horrifique.Une fois que Creepy la joue cartes sur table, fini les longueurs d’avance. Le tueur sur qui investiguait Koichi Takakura n’est autre que son voisin Mr Nishino avec qui on a fait connaissance dans la première partie lors de scènes entrecoupées. Sans mentir, le psychopathe interprété par Teruyuki Kagawa est facilement un des antagonistes les mieux écrit si ce n’est le plus effrayant. Près à s’en prendre à n’importe qui avec sa seringue remplie de drogue, il est fort à parier que ce gentil voisin devienne un psychopathe aussi iconique que celui des Frères Coen et son pistolet d’abattage. Ancré dans la classe moyenne japonaise, le parallèle avec la société occidentale américaine est clairement fait dans la diégèse du film. Le tueur n’est pas excentrique comme un certain Jeffrey Dahmer que Koichi mentionnera.

Il suit aussi une logique scénaristique. Dans un de ses cours, Koichi explique qu’il existe 3 types de tueurs en série: les « méticuleux » dont on cerne de mieux en mieux le profil, les « bordéliques » qui sont les plus faciles à arrêter, enfin les plus dangereux qui sont un mélange des deux premiers. Dans l’introduction, Koichi qui est encore policier affronte un tueur de la première catégorie. Nishino fait partie de la troisième, ceux dont on ne peut analyser le profil. En effet, jamais ne sont révélées ses intentions ce qui le rend terrifiant au possible. Autant dire que Creepy porte bien son nom.

Kurosawa commence par installer une paranoïa, l’action se passe dans un cadre restreint et froid aussi de simples plans sur une maison vous donnent des frissons. Comme un slow burn, l’ambiance pesante n’a rien d’inquiétant en soi mais laisse subtilement croire que tout va mal se finir. Cette lourdeur laisse place à une horreur psychologique encore plus perturbante dans la seconde partie. Les hommes sont tués sans concession tandis que les femmes attaquées par Nishino sont à sa merci. On assiste en même temps à un jeu du chat et de la souris entre lui et Koichi, le spectateur est dans le même état d’esprit que ce dernier. Nishino est un monstre, il est impossible de prédire comment tout ça va se terminer. Cette incompréhension des événements est tout de même crédible et c’est ce qui rend Creepy encore plus effroyable. La mise en scène est très réaliste tout en ayant des scènes parfois hors du temps lors des interrogatoires par exemple, un peu comme le ferait Fincher.

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