[CRITIQUE] « Corridors of Blood », réalisé par Robert Day

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Londres, 1840. Le Dr Bolton expérimente les gaz anesthésiants pour aider la chirurgie. Malheureusement, cela devient une obsession pour lui et les répercussions se font vite ressentir sur lui-même et sur son entourage.

Lorsque l’on parle d’une opération médical, il est tout à fait normal pour un contemporain d’avoir une prise en charge descente, une salle aseptisée, une anesthésie et un suivi médicale. L’histoire de Corridors of Blood se situe à Londres en 1840 et les conditions sont bien différentes d’aujourd’hui. Les patients aisés font la file d’attente (les pauvres souffrent et n’ont pas accès aux soins), les salles d’opérations sont remplies de médecins et d’internes et regardent les actes chirurgicaux tel un spectacle. Mais surtout, les opérations se font sans anesthésies. La seule astuce qu’utilise les chirurgiens pour réduire la douleur des patients est d’opérer le plus vite possible.

C’est dans ce contexte que le Dr Bolton, chirurgien réputé, décide de faire avancer la médecine en créant des gaz anesthésiants dans son laboratoire personnel et les teste ainsi sur lui-même. Mais les gaz commence à affecter sa personnalité et lui attirent des ennuis : l’hôpital dans un premier temps n’approuve pas ses méthodes révolutionnaires et une bande de bandits exploite sa fonction de chirurgien pour lui faire signer des certificats de décès de personnes qu’ils viennent de tuer. Le Dr Bolton se retrouve alors au milieu de tout cela et développe en plus une addiction au gaz qu’il a créé.

Lorsque que l’on parle de vieux films d’horreur, on est obligé d’avoir une pensée pour Boris Karloff (nous vous en parlions déjà dans la critique de La Maison de la Mort). Corridors of Blood n’échappe pas à cet adage vu que l’acteur anglais interprète ici le Dr Bolton. Son interprétation inquiétante et possédée est plus que remarquable. Du côté des bandits, nous retrouvons Francis de Wolff mais surtout Christopher Lee qui vient tout juste de commencer son apogée au Studio Hammer avec la sortie de Dracula en 1958. A noter que Corridors of Blood a également été tourné en 1958 mais que le film n’est sorti en salle qu’en 1962. Corridors of Blood est le troisième film de Robert Day et le deuxième dans lequel il dirige Boris Karloff. Sans être exceptionnel, la musique et la réalisation de leur côté restent correctes grâce à l’ambiance sombre et morbide.

Le sujet pour l’époque pouvait ne pas toucher le public mais la grande différence de soins entre 1958 et 2017 est flagrante et le spectateur ne peut être qu’indigné et comprendre la volonté du Dr Bolton dans ses démarches. Malgré quelques défauts, Corridors of Blood reste une oeuvre sombre et humaniste qui repousse les limites de l’Homme pour l’Homme. Dans le même genre, vous pouvez donner un coup d’oeil à la série The Knick avec Clive Owen (Les fils de l’hommeSin City), produite et écrite par Steven Soderbergh (Sexe, Mensonge et VidéoOcean’s Eleven).
À noter que le film est disponible en France en DVD depuis le 28 février 2017.

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