[CRITIQUE] « Blind Sun » Réalisé par Joyce A. Nashawati

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blind sun PIFFF

Le Paris International Fantastic Film Festival ouvre ses portes pour la cinquième année au Grand Rex à Paris, l’occasion immuable de découvrir pas mal de pépites du genre, c’est le cas de Blind Sun, film qui transcende le genre et entraîne le spectateur dans une perdition sans nom. Diffusé pour la première fois en salles françaises, le PIFFF aura eu  la grande occasion de diffuser un des films majeurs de cette énième édition.

La canicule frappe la Grèce. L’eau se fait rare. La tension est totale. Ashraf, un immigré taciturne est chargé de veiller sur la luxueuse villa d’une famille française qui l’a embauché. Mais le gardiennage va vite tourner au cauchemar.

Premier long-métrage de la réalisatrice franco-grecque Joyce Nashawati, cette dernière s’était fait remarquer en 2010 lorsque son court-métrage La Morsure, avait été récompensé au Festival de Gerardmer par le Prix du meilleur court-métrage.

Blind sun

S’initiant au long-métrage, Blind Sun tout comme son titre l’indique nous dévoile un film brûlant d’émotion et d’étrangeté. Le film présente un personnage principal, Ashraf, immigré arabe sillonnant le paysage dévasté d’une Grèce que l’on ne reconnaît pas, sous l’emprise d’une chaleur exaspérante. L’immigré est embauché dans une luxueuse maison dont les propriétaires lui confient les clés, il se retrouve seul et c’est justement cette solitude qui changera la tournure des choses et prendra un tout autre sens. Au-delà des rencontres et des aventures malchanceuses du personnage, Ashraf se perd dans son univers, persécuté par un élément étrange, sans nom, en proie à des hallucinations et de ce qui semble être un délire de persécution. Le déroulement du film nous permet peu de comprendre les choses, si ce n’est que la chaleur qui plante le décor devient de plus en plus insupportable voire hostile. La soif, l’insolation, nous donnerais presque un peu de peine à tout ce petit monde que compose la Grèce contemporaine d’aujourd’hui. Victime de racisme, de bouc émissaire, Ashraf s’isole, lutte contre cette chaleur interminable et la folie reprend le dessus.

Blind sun

Si le scénario se perd dans son histoire au travers de bon nombre de scènes inutiles et ennuyeuses, il n’est rien à envier aux décors majestueux et a une multitude de plans magnifiques surplombant un coucher du soleil apaisant. Le décor majestueux est rompu par une présence d’habitants hostiles et quelque peu caricaturaux, c’est le cas de certains policiers grecs présentés comme exécrables tout au long des aventures d’Ashraf. La seconde partie monte d’un cran la tension du personnage, en proie à une folie de plus en plus agressive, en proie à une persécution constante et à divers événements étranges qui contribueront à sa folie croissante.

À ce stade il est aussi difficile de classer Blind Sun comme un film purement fantastique, se rapprochant de ce qui semble être le mieux un drame psychologique au penchant dystrophique sur fond de paranoïa oppressante.

Un cauchemar éveillé plein de rebondissements, Blind Sun s’inscrit dans cette lignée de films d’auteur ou le spectateur explore la folie humaine, isolé dans un endroit qui lui est constamment hostile sur fond de chaleur aride.

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