[CRITIQUE] « Ava’s Possessions », réalisé par Jordan Galland

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Après avoir subi un exorcisme, Ava Dopkins essaie de vivre une vie normale. Ayant tout oublié du mois précédent, elle est obligée d’intégrer un groupe anonyme pour les personnes possédées. Elle tente de se rapprocher de ses amis, de retrouver un boulot mais surtout de savoir d’où viennent toutes ces tâches dans son appartement. La vie d’Ava a été volée par un démon. Maintenant, il est temps de la récupérer.

Ces dernières années la mode est au néon et au cinéma indé. On ne compte plus les films de possession en passant du bon (Deliver Us From Evil) au très moins bon (Le dernier Exorcisme), cependant Ava’s Possessions prend le sous genre à contre pied en racontant ce qui se passerait une fois « guéri » d’un exorcisme. Nos crimes causés sous l’emprise d’un démon peuvent-ils être pardonnés même avec une si bonne excuse? C’est une des questions que se pose Jordan Galland. Supposée passer un séjour en prison, Ava suivra finalement un groupe d’entraide financé par le gouvernement pour anciens possédés afin de purger sa peine.

Complètement insolite, Ava’s Possessions n’est pas un film d’horreur sombre comme on pourrait s’y attendre mais une comédie horrifique. Ava doit vaincre ses démons intérieurs et se sent délaissée par ses proches. La mise en scène exprime très bien ce ressenti, des plans obliques lorsqu’elle est avec son entourage communiquent sa position de marginale. A l’opposé, ses thérapies de groupe lui permettent de trouver sa place. Ces scènes contrebalancent la tristesse ressentie dans sa vie quotidienne pour donner un ton plus léger. Elle y rencontre des personnages hauts en couleur à défaut de tomber sur un cancéreux des testicules. L’humour est très présent dans les dialogues, ces anciens possédés sont ironiquement plus optimistes que ceux qui n’ont pas été touchés. Comme Trash Fire de Richard Bates Jr, ce film raconte un drame dont il vaut mieux en rire que pleurer.

En cherchant la rédemption, Ava découvrira que sa pénible expérience n’était pas anodine. Hormis l’aspect religieux, le réalisateur s’amuse des clichés d’un cas de possession. Les actes qui sont souvent sexuels sont ici détournés de façon comique, on découvre dans la révélation finale que le fiancé de sa sœur est tombé amoureux d’Ava parce qu’elle était une possédée chaud lapin. Comme quoi on peut être taré sans être démoniaque. Elle aidera aussi Ivy, une amie de son groupe de thérapie qui adore son démon et cherche à être possédée de nouveau. Finalement le postulat n’est qu’un prétexte pour montrer les déviances de l’Homme, de nombreuses scènes prennent ces bases instaurées par les films d’exorcisme pour dérouter le spectateur et rendre l’intrigue imprévisible.

La photographie d’Ava’s Possessions fait penser à un giallo moderne, sans être poseuse elle est aussi en totale contradiction avec le tragique de l’histoire. Il en va de même pour la bande originale créée par Sean Lennon, le fils de John rien que ça. L’optimisme recherché à travers les choix artistiques de Jordan Galland vient contrer le pessimisme de la situation ce qui offre une personnalité bienvenue et originale à son film. Il est difficile d’avoir réellement peur devant Ava’s Possessions étant donné que les scènes d’horreur ont très souvent un but comique à en devenir absurdes (dans le bon sens), on peut aussi reprocher certaines longueurs malgré le charme hypnotisant de l’actrice principale Louisa Krause.

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