[CRITIQUE] « Annabelle 2: La Création du Mal », réalisé par David F. Sandberg

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Encore traumatisés par la mort tragique de leur petite fille, un fabricant de poupées et sa femme recueillent une bonne sœur et les toutes jeunes pensionnaires d’un orphelinat dévasté. Mais ce petit monde est bientôt la cible d’Annabelle, créature du fabricant possédée par un démon…

Mentionnées comme telles directement sur l’affiche, les intentions derrière Annabelle 2 sont très claires: Développer un univers étendu autour de la saga Conjuring, lancée efficacement par James Wan en 2013. Si le premier coup d’essai autour de la célèbre poupée avait été un redoutable échec cinématographique (mais pas économique, puisqu’il a rapporté environ 256 millions de dollars, pour un budget de « seulement » 6,5 millions), ce second volet, confié au petit poulain de James Wan, David F. Sandberg (réalisateur du court-métrage Lights Out, devenu Dans le Noir dans sa version longue au cinéma), réserve son lot de surprises.

Première chose qui frappe, dès l’introduction du film: C’est réalisé. Cela peut sembler bête de le mentionner, mais il y a bien un réalisateur derrière le projet, avec des idées, une vision, un parti pris esthétique, et surtout, une réelle application dans la construction et l’utilisation de la peur. Là où le premier film ressemblait exactement à ce qu’il était, en gros, un produit formaté, inoffensif, oubliable et opportuniste fait à la va-vite pour récolter quelques dollars, celui-ci se démène du début à la fin pour tenter de se faire une véritable place au sein de l’univers dans lequel il prend place. Sans pour autant révolutionner le cinéma de genre, puisqu’on évitera jamais les sempiternels jumpscares de train fantôme et la musique assourdissante qui accompagne, systématiquement, le geste de sursaut, Annabelle 2, dans ses grands moments, se montre néanmoins capable de créer de l’effroi. Jeu habile sur le clair-obscur, idées visuelles fortes (que ce soit dans la direction artistique autour de l’environnement ou du démon, ou techniquement, quand Sandberg balance quelques plans assez impressionnants), et surtout, une poupée à laquelle on a rendu sa véritable figure horrifique. Dans la même veine qu’un Conjuring, le film est capable de faire tenir sa tension jusqu’au point de rupture où l’imagination prend le pas sur ce que l’image ne montrera presque jamais. Et ça fonctionne.

Autre point fort, déjà évoqué plus haut, c’est l’habilité avec laquelle James Wan et ses sbires sont en train de créer, sans que l’on ne s’en soit vraiment rendu compte, un univers étendu qui se tient et qui multiplie les clins d’œil. Sans que cela ne vienne jamais parasiter le film, les références sur des événements passés ou à venir permettent de donner une légère profondeur à ce dernier, qui peut alors se reposer sur un background déjà installé, et ancrer sa peur sur des choses familières, pour mieux les décupler. Et dans la série des quelques nouveautés, on peut déjà commencer à parier sur un prochain spin-off consacré à l’épouvantail, figure de l’une des séquences les plus angoissantes du film. Cependant, si Sandberg trouve grâce dans l’enveloppe « Wanesque » dans laquelle il se réfugie, elle lui impose certaines limites qu’il ne doit pas dépasser s’il souhaite rester en cohérence avec son univers. Ce manque de débordement, cet attachement à un autre réalisateur, est ce qui empêche le film de se créer sa propre identité, et, en toute logique, de se démarquer de ses aînés qui lui font, malheureusement, de l’ombre. On se consolera néanmoins en se disant qu’à défaut d’être original, ou d’aller piocher bêtement dans d’autres films (coucou John R. Leonetti), celui-ci, dans son soucis de cohérence, ressemble à quelque chose. Et à une époque où la majeure partie des productions horrifiques ressemblent à tout et à rien, cette once d’incarnation fait plaisir à voir.

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