[CRITIQUE – FEFFS 2018] « An Evening With Beverly Luff Linn », réalisé par Jim Hosking

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Lulu Danger, une femme délaissée, emporte le contenu de la caisse de son travail pour aller voir un artiste mystérieux dont le nom résonne comme une promesse sensuelle. Dans le même temps, Beverly Luff Linn se terre dans son hôtel dans l’attente de son show et d’une nuit qui promet d’être magique.

Il y a trois ans de cela, un étrange énergumène du nom de Jim Hosking présentait son tout premier long-métrage à Strasbourg, le non moins étrange The Greasy Strangler. OVNI complètement allumé à base de mauvais goût et autres crasseries, le film s’était taillé une belle petite réputation dans les sphères les plus adeptes de ce genre de cinéma absurde à l’extrême. A un point tel que pour sa seconde création, baptisée An Evening With Beverly Luff Linn, le délirant britannique a su s’entourer d’un casting de choix, en la présence de Aubrey Plaza, Emile Hirsch, Jemaine Clement et l’inénarrable Craig Robinson.

Pour les quelques adeptes de la première création du bonhomme, inquiétés par ce revirement plus « mainstream », rassurez-vous : An Evening With Beverly Luff Linn n’a absolument pas perdu de son mordant et son humour bien à lui face à son prédécesseur. Au contraire, il paraît même plus équilibré sur le long terme et surtout plus attractif, là où The Greasy Stranger avait comme défaut de pouvoir lasser une fois la première heure passée. La mécanique de la répétition y est néanmoins toujours présente, plus que jamais d’ailleurs, mais est surtout bien mieux travaillée, l’a rendant nettement plus percutante.

Cette réussite humoristique, on la doit aussi (et surtout) à l’alchimie parfaite dont fait preuve l’intégralité du casting. Tout le monde semble être pleinement conscient du foutoir revendiqué dans lequel ils se retrouvent embarqués et s’en donnent absolument à cœur-joie, multipliant les roues libres tout simplement hilarantes et mémorables. Si de nombreuses blagues font mouche, la mention spéciale revient sans hésiter à Craig Robinson dans le rôle d’un showman ô combien perché et au moyen de communication qui se hisse instantanément dans les plus beaux running-gags de cette année de cinéma.

On pensait que The Greasy Strangler ne serait qu’un simple coup d’essai mais An Evening With Beverly Luff Linn nous prouve que Jim Hosking a encore de nombreuses choses en réserve. Cultivant une fois encore son amour de l’étrange, de l’absurde et des faciès mémorables, il offre ici un monde totalement en marge où la question du genre n’existe plus et où le non-sens règne. Il est évident que le style, et notamment son usage de la répétition, va en agacer plus d’un (et à juste titre), mais l’excursion est tellement imprévisible et inattendue que qu’elle vaut clairement le coup à essayer.

An Evening With Beverly Luff Linn
4

Conclusion

Comme une sorte de produit sorti de l’imaginaire de Quentin Dupieux en encore plus bordélique, An Evening With Beverly Luff Linn est un véritable festival de n’importe quoi assumé et déjanté qui risque de faire mouche pour tous les amateurs du style. Jim Hosking n’a aucune limite et c’est à cela qu’on l’aime.

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