[CRITIQUE] « American Nightmare 2: Anarchy », réalisé par James DeMonaco.

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American Nightmare

Leo, un homme sombre et énigmatique, brigadier de police, est hanté par la disparition de son fils. S’armant d’un arsenal offensif et défensif, cet homme possédé est résolu à se purger de ses démons. Eva, une mère célibataire tentant tant bien que mal de joindre les deux bouts, et sa fille adolescente Cali vivent dans un quartier défavorisé et n’ont pas les moyens de s’offrir une bonne protection. Quand une poignée de «purgeurs» masqués pénètrent chez elles et les capturent, elles n’ont d’autre choix que de s’en remettre à leur libérateur fortuit, Leo. Au détriment de sa mission de vengeance «autorisée» contre celui qui a porté préjudice à sa famille, Leo, témoin de l’enlèvement d’Eva et Cali, ouvre le feu sur leurs agresseurs alors que Shane et Liz, un couple sur le point de se séparer, sont les victimes d’un acte de sabotage sur leur voiture à quelques minutes seulement du début de la Purge. Trouvant refuge dans le véhicule blindé que Leo a laissé ouvert pour porter secours à Eva et Cali, Shane et Liz s’allient alors à eux pour tenter de se défendre contre ceux qui ont la ferme intention d’exercer leur droit à la tuerie. Alors que ces cinq nouveaux alliés sont poursuivis à travers la ville, dans un sinistre jeu de «tue-moi ou je te tue» effaçant la frontière entre vengeance sponsorisée et justice humaine, tous sont amenés à remettre en question tout ce que leurs dirigeants leur ont toujours prôné.

American Nightmare 2 : Anarchy est donc la suite du concept prometteur, mais malheureusement trop peu exploité, de James DeMonaco. Petit rappel : Chaque année, pendant une nuit aux Etats-Unis, chaque citoyen se voit accorder le droit de commettre n’importe quel crime pendant douze heures. Cela inclut, bien évidemment, l’homicide. Dans le premier volet, DeMonaco avait malheureusement eu la mauvaise idée de se focaliser uniquement sur une seule famille. Résultat, le film sacrifiait toute son originalité au profit d’un home invasion efficace, mais bien trop classique. Le réalisateur à cette-fois revu sa copie, et nous propose une petite virée en enfer au sein d’une ville plongée dans l’anarchie, pendant « La Purge ».

American Nightmare

Dans ce second opus, plus question donc de rester enfermé chez soi, et bienvenue au cœur la Purge. Si les intentions décuplées du réalisateur sont louables, elles restent cependant encore beaucoup trop sous-exploitées, et ce, malgré une réflexion loin d’être bête sur les raisons qui pourraient pousser un tel événement à être autorisé et « normalisé » dans l’esprit des gens, qui développe, enfin, un brin de rébellion au niveau national contre celui-ci. Au-delà de ça, le film s’embourbe malheureusement dans beaucoup de clichés, n’évite pas les longueurs et les lourdeurs, et présente une galerie de personnages bien trop garnie, et trop peu étoffée, pour que l’on puisse suffisamment s’attacher à eux. S’ajoute à ça une écriture maladroite, qui donne lieu à quelques dialogues un peu grotesques, et un manque de soin au niveau de l’ambiance qui n’arrive jamais vraiment à sombrer dans l’anarchie et à exploiter son gros potentiel malsain.

American Nightmare

Le spectacle se fait un peu long, enchaîne les scénettes de façon aléatoire, parfois inspirées parfois beaucoup moins, et malgré la présence du charismatique Frank Grillo, peine à marquer l’esprit, la faute à une mise en scène beaucoup trop classique, qui veut faire et montrer beaucoup de choses, mais qui n’ose rien de moralement choquant en tombant grossièrement dans le manichéisme puant, et toute la complaisance que cela implique.

En voulant donner plus d’ampleur à son idée, DeMonaco sacrifie l’efficacité et la tension qui régnaient sur le premier épisode. Plus de réflexion, mais beaucoup moins de passion. On espère donc sincèrement que le troisième volet saura marier avec élégance les côtés positifs de ces deux films qui sont loin d’être mauvais, mais dont on ne peut pas s’empêcher de sortir déçus.

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