[CRITIQUE] « 10 Cloverfield Lane », réalisé par Dan Trachtenberg

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Une jeune femme se réveille dans une cave après un accident de voiture. Ne sachant pas comment elle a atterri dans cet endroit, elle pense tout d’abord avoir été kidnappée. Son gardien tente de la rassurer en lui disant qu’il lui a sauvé la vie après une attaque chimique d’envergure. En l’absence de certitude, elle décide de s’échapper…

Tout commença en 2008, lorsque Paramount et Bad Robot (la société de production de J.J. Abrams, que l’on ne présente plus désormais) décidèrent de créer l’événement avec un mystérieux projet qui allait faire grand bruit, Cloverfield. Grâce à une campagne marketing orchestrée à la perfection, cet ingénieux mélange entre film de monstres et found-footage va réaliser un buzz sans précédent à sa sortie. 8 ans plus tard, Bad Robot diffuse par surprise le trailer d’un intrigant 10 Cloverfield Lane, qui s’apparente à première vue comme une histoire parallèle au premier opus. Mais passée l’excitation suivant l’annonce, les premiers doutes naissent sur la vraie nature de ce film-surprise. Véritable suite ou simple arnaque marketing ? Réponse dans notre critique.

[Avant de débuter la critique du film, il semble nécessaire de préciser que celle-ci est garantie SANS SPOILER, afin de conserver un maximum de mystère autour de l’intrigue mais également car il est fortement conseillé d’aller voir le film en sachant le moins d’informations possibles.]

10 Cloverfield Lane

Autant vous prévenir de suite : Non, 10 Cloverfield Lane n’est pas une suite à Cloverfield premier du nom. Tout du moins pas dans le sens strict du terme. Car outre le fait d’abandonner le found-footage pour une réalisation plus traditionnelle, il n’y a ici que très peu de liens visibles entre les deux films, que cela soit dans ce qu’ils racontent ou même dans leur atmosphère. Si le premier opus était un pur film de science-fiction catastrophe, ce second épisode est avant tout un thriller axé sur ses personnages et sur les rapports qu’ils entretiennent entre eux. Et on ne peut que saluer un script diablement efficace, qui s’amuse à jouer avec le spectateur en brouillant les pistes sans cesse et ce, jusqu’au dernier plan final. On peut juste lui reprocher son climax final, qui semble un peu trop « hors-sujet » avec le reste de l’histoire et qui n’est au final là que pour justifier le lien avec l’opus originel. Mais malgré cela, le suspense reste maîtrisé de bout en bout et l’on n’est jamais lassé de l’aspect « huis-clos », notamment grâce à des rebondissements réguliers et à des dialogues très bien écrits, interprétés par un trio d’acteurs excellent.

Parlons du casting d’ailleurs. C’est un casting talentueux que nous avons ici avec en tête d’affiche une Mary Elizabeth Winstead (Scott Pilgrim, Destination Finale 3) qui nous offre un des ses meilleurs rôles, avec un jeu tout en simplicité et en émotion. C’est à travers son personnage, prénommée Michelle, que nous allons découvrir l’univers oppressant du film et l’actrice arrive très bien à nous faire ressentir ses soupçons et ses peurs, sans jamais trop en faire. Son attachement avec Emmett, son « compagnon de cellule » interprété par John Gallagher Jr, est véritablement communicatif et on sent un réel lien qui unit les personnages. Mais l’acteur qui s’impose véritablement comme la grande force du casting, c’est le fabuleux John Goodman (Red State) dans son rôle de tortionnaire/protecteur. Son personnage est délicieusement terrifiant et on peut même se surprendre à avoir de l’affection pour lui, malgré son comportement quelque peu « imprévisible » qui participe grandement au mystère général du métrage.

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Mais ce suspense omniprésent, on le doit également à Dan Trachtenberg, qui réalise ici son tout premier long-métrage. Et pour une première fois, le bonhomme s’en sort avec les honneurs et nous propose une mise en scène très sobre mais qui renforce à merveille cet effet d’enfermement que l’on ressent pendant tout le film. Il faut dire qu’il est désormais un habitué des huis-clos puisqu’il était à l’origine du court-métrage « Portal : No Escape », basé sur le jeu éponyme. Mais avec ce 10 Cloverfield Lane, sa réalisation est encore plus soignée et chaque plan distille sa propre atmosphère pour y installer un vrai climat d’insécurité, en particulier lors des scènes où la tension est à son comble. Enfin, rajoutons à cela la musique de Bear McCreary (The Walking Dead, Agents of S.H.I.E.L.D.)  qui, bien qu’elle soit assez discrète, contribue à la tension progressive de l’histoire.

10 Cloverfield Lane, à défaut d’être une véritable suite, est un film dans la plus pure tradition des productions Bad Robot, c’est à dire un thriller haletant, mystérieux et surtout furieusement divertissant. Si son impact sur le grand public ne sera peut-être pas aussi massif que pour son prédécesseur, il reste une oeuvre que l’on vous conseille d’aller découvrir en salles à tout prix et qui vous tiendra en haleine pendant 1h40 fortes en émotions. On a d’ores-et-déjà hâte de découvrir les projets que J.J. Abrams a en tête pour l’univers « Cloverfield« .

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10 Cloverfield Lane
4.5

Conclusion

Malgré son aspect de « publicité mensongère », 10 Cloverfield Lane ne déçoit pas et demeure un excellent divertissement bourré de suspense et de rebondissements, le tout porté par un casting efficace et un réalisateur très prometteur. A voir absolument pour tous les fans de thrillers fantastiques.

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