Coups de Gore #10 | Scènes d’ouverture marquantes

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Chaque mois, les auteurs du CinemaClubFR vous proposent une liste de films à voir (ou à revoir) autour d’un thème spécial. Pour ce dixième numéro, les auteurs de la rédaction ont sélectionné des films, plus ou moins, indépendants comportant une scène d’ouverture glaçante.

MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE II, réalisé par Tobe Hooper

La guerre est terminée. Les hippies se donnent au sex, drugs and rock’n roll, malheureusement pour eux, la famille Sawyer est de retour. Après une longue ouverture informant le spectateurs de la santé de Sally Hardesty, le film s’ouvre sur un duo particulièrement agaçant. Deux gamins foncent en voiture sur une route du Texas. Après avoir harcelé le standard d’une émission de radio locale, les deux compères vont être pris à parti par ceux qu’ils ont ennuyé dans la journée. Malheureusement pour eux, il s’agit de Leatherface. Massacre à la tronçonneuse 2 donne le ton dès le début de son film. Baignant dans l’horreur avec les effets spéciaux signés Tom Savini, et grâce à sa mise en scène tragi-comique, Tobe Hooper accentue l’humour noir dans ce deuxième opus qui mérite son statut de classique du genre. Se faire charcuter sur le plus loooooong pont du Texas par un homme armé d’une tronçonneuse avec No One Lives Forever de Oingo Boingo en fond sonore, c’est marquant, un point c’est tout. [Alexandre]

LE SADIQUE A LA TRONÇONNEUSE, réalisé par Juan Piquer Simón

Une bonne scène d’ouverture se doit d’être marquante alors quoi de mieux qu’un petit garçon, du sexe et du sang? Juan Piquer Simón n’en a que faire des tabous et annonce illico presto les couleurs: rouge pour le sang, blanc pour la nudité. Contrairement à l’introduction d’Halloween, il lance les festivités sans suggestivité (j’dépose un slam) en montrant de front un mioche tout sourire démembrant sa mère à la scie pour la simple et bonne raison qu’elle ne l’a pas laissé finir son puzzle Playboy. Le malaise est à son comble et toutes les clés d’un parfait slasher des années 80 sont exposées dès l’ouverture. Pieces (en VO) n’est pas gage de qualité mais est un vrai plaisir coupable, parfois à la limite du nanar, qui ne lésine pas sur la nudité gratuite et le gore comme on le retrouve souvent dans la filmo du réalisateur (Slugs). L’ambiance posée avec cette introduction est parfaitement à l’image du reste du film, perverse et de mauvais goût : tout ce qu’on aime. [Laura]

GET OUT, réalisé par Jordan Peele

Production Blumhouse sortie en début d’année, Get Out fait office de cas d’école puis qu’avec sa prise de risque certaine, sa thématique inédite et sa volonté de briser les règles pour mieux jouer avec, le long-métrage de Jordan Peele a tout pour devenir instantanément culte. Et ce désir revendiqué de jouer avec les codes du genre se ressent immédiatement lors de sa scène d’introduction. Dès le premier plan, la référence de Peele est claire : on est en plein dans Halloween de John Carpenter. L’éclairage nocturne, la banlieue américaine en plein automne, tout y est. Mais cette fois, la victime n’est pas une femme blonde fuyant un serial-killer fou mais bien un jeune homme afro-américain, inquiété par une voiture qui semble le suivre. En quelques minutes, le message de Get Out est posé. La société a changé et désormais, les véritables victimes (du cinéma d’horreur mais également de l’Amérique traditionaliste) ne sont plus les adolescents avides de sexe et de drogue mais bien les personnes noires, contraintes de vivre dans une paranoïa constante imposée par le monde qui les entoure. Si récemment, on a pu voir plus impressionnant en matière d’exposition (comme It Follows ou encore le remake de Maniac), la justesse et la subtilité de la scène d’introduction de Get Out force clairement le respect, à l’image du film dans son intégralité. [Tanguy]

LE VAISSEAU DE L’ANGOISSE, réalisé par Steve Beck

Le vaisseau de l'angoisse

Pour bien commencer un slasher digne de ce nom, (ou pas d’ailleurs) une bonne grosse giclée de sang frais fait toujours son petit effet. Si Steve Beck n’est pas vraiment un nom du cinéma horrifique à retenir pour la qualité de ses productions, la scène d’intro de son Vaisseau de l’Angoisse est absolument mémorable. Elle commence tranquillement, sur un petit fond de musique classique façon dessin animé Walt Disney bien sous tout rapport, entre petits fours au caviar et passagers joviaux d’une croisière de luxe. Subrepticement, Steve Beck brise l’ambiance à la « Croisière s’amuse » en introduisant quelques grincements inquiétants, multipliant les zooms sur un câble en train de se dérouler dangereusement et qui va, effectivement, finir après quelques minutes par trancher en deux les corps de certains passagers et la tête d’un malheureux capitaine. Brillamment tragico-comique, cette scène d’intro ne reflète malheureusement pas la qualité du film, dont le décor kitsch années 2000, l’intrigue mollassonne et surexplicative ainsi que le manque d’originalité gâchent ces premières minutes jouissives.  [Julie]

IT FOLLOWS, de David Robert Mitchell

Véritable sensation à sa sortie, et lors du Festival de Cannes où il a été présenté, It Follows, le second métrage du jeune David Robert Mitchell, renouvelait efficacement les codes du film d’horreur moderne avec sa mise en scène redoutable, et son scénario au concept original et bien traité. Et le ton, It Follows le donne dès sa séquence d’introduction, un sommet d’oppression. Plan-séquence pesant et distant du point de vue adopté, à la tombée de la nuit, où une jeune fille peu vêtue (donc, vulnérable?) hurle à la mort fuyant une menace invisible, qu’elle est seule à percevoir. La configuration, sorte d’anti-Halloween, se joue des codes du slasher avec une virtuosité formelle exacerbée par le thème oppressant de Disasterpeace et ses sonorités graves, saturées, et stridentes. La tension est forte, naviguant entre le suspense mystérieux, proche de l’incompréhension, et le malaise, ou mal-être plutôt, total. Une séquence d’autant plus fourbe qu’elle fait progressivement redescendre la tension qu’elle installe, avant de se conclure sur un plan, fixe, d’une violence inouïe, et graphique, qui vient trancher avec la retenue et la suggestion présentées jusqu’alors. Une séquence inoubliable, clairement à l’image du film [Aymeric]

CAUCHEMAR À DAYTONA BEACH, de Romano Scavolini

À l’instar de Pieces qu’il précède d’une année en termes de réalisation, Cauchemar à Daytona Beach (ou Nightmare dans sa version originale), mis en scène en 1982 par le realisateur italien Romano Scavolini fait partie intégrante de cette vague de slashers/shockers se distinguant pour la cruauté des séquences de meutres mises en scène et le caractère sordide de leur atmosphère. Et le réalisateur italien n’y va pas de main morte, par le biais de ce scénario faisant intervenir un sadique echappé d’un hopital psychiatrique multipliant les meutres, notamment d’enfants. Les sequences-chocs sont ainsi alignés avec le plus grand premier degré. Ce caractère eminement frontal valut par ailleurs au film d’être mis à l’index en Angleterre et inscrit sur la fameuse liste des Video Nastie, publiée en 1983 par les autorités britaniques et regroupant 72 films jugés licencieux (parmi lesquels un certain nombre de films de canibales, de nazi-sploitation, de gialli, de rape and revenge, de death movies et bien entendu de films d’horreur). Les deux long-métrages comporte d’ailleurs une scène de meurtre familiale quasi identique, bien que davatange malsaine en ce qui concerne Cauchemar à Daytona Beach. Cependant, si le film de Juan Piquer Simón dévoile souvent des instants grotesques, l’ambiance de Cauchemar à Daytona Beach ne saurait être synonyme de promenade de santé entre deux étripages. En témoigne la première scène du film qui donne d’emblée le ton : un cauchemar dans lequel le tueur se réveille dans son lit,trempé de sueur et de sang, au milieu du cadavre démembré d’une de ses victimes. Poisseux. [Olivier]

Et vous ? Quel est votre scène d’ouverture préférée ?

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