Coups de gore #9 | Les personnages atypiques

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Chaque mois, les auteurs du CinemaClubFR vous proposent une liste de films à voir (ou à revoir) autour d’un thème spécial. Pour ce neuvième numéro, la rédaction vous présente deux films dont les personnages principaux ont la particularité d’être des anti-héros ou personnages atypiques.

SCHRAMM, réalisé par Jorg Buttgereit

Dernier acte de ce que l’on pourrait appeler une véritable quadrilogie, Schramm (succédant à Nekromantik, Nekromantik II et Der Todesking, réalisés respectivement en 1987, 1989 et 1991) représente sans doute, avec Der Todersking, le long-métrage le plus ambitieux de Jorg Buttgereit, brillant réalisateur allemand underground du sulfureux dytique des Nekromantik, ces deux volets posant un regard tendre inédit sur une pratique sexuelle – la nécrophilie – conçue tel le résultat d’un amour macabre. Si Schramm (1993), en se focalisant sur le quotidien de Lothar Schramm (remarquablement interprété par un Florian Koerner von Gustorf littéralement habité), chauffeur de taxi en proie à des pulsions et des fantasmes inavouables, entre de plein pied dans un registre inédit jusqu’à présent dans sa filmographie, celui du psycho-killer, comme l’avait fait dix ans plutôt le réalisateur autrichien Gerald Kargl avec le tétanisant Angst (ou Schizophrenia, 1983), il n’en comporte pas moins les marques de son auteur, qu’il s’agisse des déviances sexuelles, de la mise en valeur d’une poésie onirico-morbide ou encore de son obsession pour des personnages en vase clos oppressés par un environnement urbain délétère. A l’inverse du Maniac de William Lustig (1980), Jorg Buttgereit refuse les effets chocs (même si les séquences graphiquement gores ne sont pas en reste comme en témoigne le seul meurtre du film pratiqué sur des témoins de Jevovah) ainsi que toute théâtralité horrifique. Son approche cinématographique souhaite avant tout rendre compte de la perte de contact entre Schramm et la réalité. A cet égard, Jorg Buttgereit privilégie une narration éclatée, et multiplie les propositions visuelles originales conférant à son quatrième film une dimension expérimentale. Malgré ses actes choquants, Lothar Schramm est avant tout un antihéros sensible et proche de nous, lutant contre ses troubles sociaux et sexuels. La magnifique partition ambiante et orchestrale composée par Max Muller pour la bande originale du film renforce d’autant plus cette introspection mélancolique à l’intérieur d’un esprit perturbé, sans doute la plus atypique et viscérale.  [Olivier]

NURSE 3D, réalisé par Douglas Aarniokoski

Avec Nurse 3dDouglas Aarniokoski qui a travaillé avec Robert Rodriguez notamment sur The Faculty, pousse le fantasme de l’infirmière sexy un peu plus loin dans le vice en faisant de Paz De La Huerta (The Editor, Enter The Void), une infirmière le jour tueuse d’hommes infidèles la nuit. Tout la magie de ce film réside dans Abby Russell, son actrice nous livre une interprétation des plus forcée et fait indirectement de son personnage un des meilleurs méchants de séries b. Abby Russell est quelqu’un d’instable, une génie du mal sans prétention et même si l’identification est difficile, le jeu de Paz De La Huerta (à qui je voue un culte depuis ce film) est si exceptionnel et mauvais qu’on ne peut soit la vénérer ou la détester. Nurse 3d est le téléfilm du dimanche le plus sombre que vous verrez, car si ce n’est pas grâce à son scénario qu’il impressionne, il promet au moins son lot de scènes iconiques. Chaque scène est un délice de mauvais goût où toutes les poses les plus lascives et nues de préférence, sont permises. Abby est de façon ambiguë, amoureuse de Danni, une nouvelle infirmière interprétée par Katrina Bowden (Piranha 3dd, Tucker & Dale vs Evil), malheureusement cette dernière ne partage pas les mêmes sentiments ce qui fera vriller Abby façon Mark Wahlberg dans Fear. Elle lui fera les coups les plus sales pour l’avoir, comme tuer son beau père, abuser sexuellement d’elle après l’avoir droguée, bref l’amie qu’on rêve tous d’avoir. Voulu comme un film sexy et qui n’a pas froid aux yeux, Nurse 3D paraîtra ridicule pour la majorité mais jouissif pour d’autres. Le film termine sur une note très sanglante et gore, la photographie sombre du long métrage cadre parfaitement dans ce coït final. La fin ouverte laissait présager une suite malheureusement l’actrice Paz De La Huerta qui était partante au début, a poursuivi le réalisateur pour avoir ruiné sa carrière avec Nurse 3D, une raison de plus pour vous de le voir et de juger par vous même. [Laura]

ET VOUS, QUEL EST VOTRE « COUP DE GORE » FAVORI ?

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