Coups de Gore #8 | Frayeurs du terroir

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Chaque Coups de Gore est l’occasion pour les auteurs du CinemaClubFR de vous proposer des films auxquels ils sont particulièrement attachés autour d’un thème spécifique. Dans ce huitième épisode, il sera question de cinéma de genre à la française, dans son versant le plus horrifique.

A L’INTÉRIEUR, réalisé par Alexandre Bustillo et Julien Maury

Parmi les nombreuses critiques que l’on peut faire sur les films de genre Français, celle qui revient le plus souvent concerne avant-tout la crédibilité de leurs propos par rapport à leur nature. Alors que la culture française est une source quasi-inépuisable d’idées variées et originales à exploiter, beaucoup de jeunes réalisateurs ne vont pas vouloir prendre de risques, et vont préférer se contenter de proposer de simples copies de Massacre à La Tronçonneuse, misant uniquement sur la provocation gratuite, vulgaire et injustifiée. Toutefois, certain(e)s vont réussir à se servir de notre héritage culturel pour proposer quelque chose de plus fouillé et ainsi le rendre plus percutant, à l’instar du duo Maury/Bustillo avec A L’Intérieur.

Film-phare du courant que l’on appellera plus tard la « New French Extremity », A L’Intérieur doit sa force grâce à deux éléments-clés : Une Béatrice Dalle terrifiante mais surtout, une reprise du genre du home-invasion ultra-violent dans un univers réaliste et très ancré dans notre quotidien Français. C’est pour cette seconde raison que le film a su marquer les esprits et reste encore dans les mémoires bientôt dix ans après, puisqu’il ose perturber le spectateur en apportant une brutalité jusqu’au-boutiste dans un environnement dans lequel il est familier. Sans être parfait, A L’Intérieur est donc un sacré coup-de-poing dans le ventre (sans mauvais jeu de mot) qui risque de vous mettre très mal à l’aise face à cette successions d’atrocités ne vous laissant aucun répit. Malheureusement pour le duo de réalisateurs, leur second long-métrage Livide n’a pas su reproduire le même choc, malgré l’idée audacieuse de placer son action dans la campagne bretonne. Et ce n’est pas leur prochain projet Leatherface qui va nous rassurer sur leur futur… [Tanguy]

FRONTIÈRE(S), réalisé par Xavier Gens

Quand le cinéma horrifique rencontre la peur de l’extrême droite, nous avons des films comme Frontiere(s) réalisé par Xavier Gens (Hitman, The Divide) Sorti dans la foulée dans les années 2000 la décennie ou l’on a vu apparaître bon nombre de pépites horrifiques made in France, Frontière(s) s’inscrit dans cette lignée de films gores

Film métaphorique et d’actualité, l’histoire se déroule dans une France incertaine ou l’extrême droite a remporter le pouvoir, des émeutes, une crise majeure, état d’urgence, bref un pays au bord de la guerre civile… Dans le même moment, un groupe de jeunes des quartiers profitent des événements pour commettre un braquage, semant la police, ils stationnent dans une auberge près de la frontière… Le cauchemar commence alors pour nos jeunes louveteaux,  devant faire face à une famille de dégénérés, dont le patriarche n’est autre qu’un ancien nazi nostalgique du IIIe Reich, lui et ses acolytes n’en feront qu’une bouchée, d’autant que leur auberge abrite une mine abandonnée ou des êtres n’ayant jamais vu la lumière refont surface…

En quelques lignes, ce film semble être une bouffée d’air frais dans le cinéma de genre français, produit par Luc Besson,  le long-métrage de Xavier Gens laisse derrière lui des litres de sang, une prestation d’acteurs incontournables, la référence évidente n’est autre que Massacre à la Tronçonneuse, quand Leatherface rencontre l’extrême droite, Frontière(s) est à découvrir, âmes sensibles s’abstenir… [Rudy]

HAUTE TENSION, réalisé par Alexandre Aja

Si le cinéma d’horreur français résonne peu dans la tête du public mainstream, Alexandre Aja est pourtant un de ses réalisateurs majeurs connaissant aujourd’hui une renommée outre atlantique qu’il doit surtout à Haute Tension. Production du terroir, c’est ironiquement aux Etats Unis que le film a connu un succès autant au box office que critique. Le film suit deux amies, Alex (Maiwenn) et Marie (Cécile de France), proies d’un tueur sadique magistralement incarné par Philippe Nahon, le chouchou de Gaspar Noé. Coécrit avec son ami d’enfance Gregory Levasseur, Haute Tension est un véritable exercice de style, une boule de tension d’1h30.  Si le film n’est pas encore considéré comme culte, il est fortement destiné a le devenir. L’atmosphère poisseuse façon Massacre à la tronçonneuse et l’horreur graphique à la limite de l’insoutenable, dont un hommage à Maniac, font de ce film un pionner de la « new french extremity ».

Haute Tension est un bijou de modernité dans l’univers cinématographique français grâce au traitement audacieux de sa mise en scène qui vacille entre le thriller, l’action et l’horreur, le tout accentué par une bo rock, notamment dans une séquence rythmée par le titre New Born de Muse. Cependant le film divise (injustement) à cause de son twist, c’est pourquoi on ne peut pas mesurer la grandeur d’Haute Tension avec un seul visionnage. En effet, il faut s’attarder sur la mise en scène qui parsème ici et là des scènes métaphoriques surtout dans la première partie, qui justifient le twist « sorti de nul part ». Non seulement Aja et Levasseur ont en quelque sorte redéfini le terme de « final girl » avec cette fin, mais ils ont également fait preuve d’ingéniosité quant à l’intrigue en jouant avec la figure du psychopathe généralement personnifiée par un homme en proie à ses pulsions (sexuelles) refoulées.  [Laura]

ET VOUS, QUEL EST VOTRE « COUP DE GORE » FAVORI ?

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