Coups de Gore #6 | Plaisirs coupables

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Chaque mois, les auteurs du CinemaClubFR vous proposent une liste de films à voir (ou à revoir) autour d’un thème spécial. Pour ce sixième numéro, les auteurs de la rédaction vous proposent leurs plaisirs coupables.

SCARY SCREAM MOVIE, réalisé par John Blanchard

Dans l’univers du grand n’importe quoi assumé, je demande Scary Scream Movie. Titré Shriek If You Know What I Did Last Friday the Thirteenth en VO, (Hurle, si tu sais ce que j’ai fait le vendredi 13 dernier), ce film surfe sur la vague des parodies de films de genre. Quand Scary Movie parodiait de façon outrancière les succès du genre de l’époque, Scary Scream Movie voit large et déconne sur les publicités télévisuelles, les comédies, les séries télé, en résumé, la culture populaire des nineties. À voir au 100ème degrés, le film de John Blanchard est un plaisir coupable qui mérite d’être vu par ceux qui sont nés dans les années 90. [Alexandre]

ANACONDA, réalisé par Luis Llosa

Avant qu’Anaconda ne soit associé à une chanson de Nicki Minaj, c’était une timide série B à l’ombre des blockbusters comme le second Jurassic Park. Ici aucune métaphore sur les postérieurs excepté la présence de Jennifer Lopez, on a affaire à un vrai anaconda mangeur d’hommes. J’aime surtout ce film pour de « mauvaises » raisons, en effet, Anaconda regroupe un merveilleux petit casting constitué de Jon Voight, Ice Cub, Owen Wilson, Danny Trejo dans une délicieuse scène pré-générique mais surtout de Jennifer Lopez pour qui je voue un certain culte. Si je devais en faire une critique objective, Anaconda n’est pas un très bon film d’horreur. Il s’attarde surtout sur les interactions entre les personnages, pendant une longue partie le vrai danger est le braconnier incarné par Jon Voight qui mettra en péril l’équipage dans le seul but d’attraper l’anaconda. De plus, la méchante bébête, qui est soit dit en passant excellemment matérialisée, n’est pas assez hargneuse mis à part dans le combat final qui est le moment le plus jouissif et plus divertissant du film. [Laura]

HOUSE OF THE DEAD, réalisé par Uwe Boll

Que serait un article compilant nos plus grands plaisirs coupables sans un film de Uwe Boll ? Connu désormais comme le « Ed Wood des temps modernes », Uwe Boll s’est affirmé en très peu de temps comme le spécialiste des adaptations bâclées de jeux vidéos populaires. Far Cry, Blood Rayne, Alone In The Dark ou encore Dungeon Siege, tous y sont passés. Mais son méfait le plus connu (et le moins insupportable), c’est bien évidemment sa très (très) libre adaptation du jeu d’arcade culte de Sega. Oubliez tout ce que vous connaissez du jeu d’origine et bienvenue dans les bas-fonds des films du début des années 2000. Le groupe d’amis beaufs et débiles ? Check. La rave-party bien cheap ? Check. Les ralentis à la Matrix utilisés à outrance ? Check. Je m’arrête ici, mais croyez-moi, il y a encore bien d’autres choses à découvrir dans ce métrage brillant de médiocrité, notamment ce qui est unanimement considéré par beaucoup comme l’une des pires scènes d’actions jamais tournées sur pellicule (et ouais).

Bref, si vous voulez passer une soirée nanar entre ami(e)s, entourés de bières et de pizzas, House of The Dead est LE film que vous devez vous procurer absolument. (Par ailleurs, il s’agit, à ma connaissance, du seul DVD au monde à posséder en bonus caché… des bandes-annonces. Et ça, c’est peu commun.) [Tanguy]

L’AUTRE ENFER, réalisé par Bruno Mattei

Les rieurs et les cyniques auront beau dire, il n’en reste pas moins que Bruno Mattei aura, au cours de sa carrière livré une poignée d’œuvres marquantes pour le cinéma bis italien ,tel que son fameux Virus Cannibale en 1980, ainsi que d’autres davantage méconnues, dont fait partie cet Autre Enfer sorti la même année. Le film prend place à l’intérieur d’un couvent dans lequel d’étranges phénomènes, vraisemblablement sous l’influence du Malin lui même, se déroulent. Fermement ancré dans la nunsploitation (sous-genre du cinéma bis impliquant généralement une communauté de soeur chrétienne en proie à des conflits de nature religieux ou de charnels, adoptant volontiers, au gré des films, un point de vu féministe doublé d’une critique de la religion catholique, à l’instar du Couvent de la bête sacrée de Norifumi Suzuki), le film ne déroge pas aux habituels défauts du cinéma de Bruno Mattei notamment en matière de rythme et de mise en scène. Pourtant, j’aime d’amour ce petit film qui reste pour moi l’un des meilleurs du réalisateur romain. Le film possède en effet de réelles ambitions esthétiques par l’onirisme macabre qui se dégage de nombreuses scènes de terreur, dotant ainsi L’Autre Enfer d’une atmosphère particulièrement prenante (on pense alors, toute proportions gardées à Mario Bava ou encore Lucio Fulci). L’Autre Enfer possède enfin l’avantage de disposer de l’actrice Franca Stoppi. Déjà bouleversante dans Buio Omega (1979) de Joe d’Amato, elle se révèle içi de nouveau excellente dans un rôle de mère supérieure. . [Olivier]

SCARY MOVIE 3, réalisé par David Zucker

Je ne suis pas très fan de l’appellation « plaisir coupable », car dès lors que je passe un bon moment devant un film, j’estime alors que celui-ci a fonctionné, et qu’il est donc « bon » (de mon point de vue, je précise). Le cas de Scary Movie 3 est assez particulier. Le film est nul. Mais bon sang, qu’est-ce qu’il est drôle. Cela peut paraître contradictoire, mais en comparaison avec ses deux prédécesseurs qui arrivaient à marier les films parodiés entre eux, ici la perte d’une véritable cohérence narrative au profit de scénettes souvent aléatoires, presque gratuites, amoindrit le film en tant que tel, nuit à sa structure, et témoigne d’un manque de rigueur dans l’écriture. Mais l’humour, bien que vulgaire et bas du front, fonctionne à merveille, grâce, justement, à un sens de l’absurde que le réalisateur de la série des « Y’a-t-il » maîtrise très bien, et qui renouvelle la formule lancée par les frères Wayans. Mieux encore, les parodies sont inventives, détonnent, et ne se refusent aucune surenchère. Si ce n’est pas un plaisir coupable, c’est en tout cas ce qui s’en rapproche le plus. [Aymeric]

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