[CRITIQUE SÉRIE] « American Horror Story : Cult » – Premier épisode

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Alors que le monde assiste aux élections américaines, une jeune femme voit ses angoisses resurgir.

Chaque saison d’American Horror Story est un événement. La première car c’était la première, la deuxième car elle devait confirmer la hype, la troisième traitait du mythe ultime – les sorcières – tandis que la quatrième était la dernière avec Jessica Lange. La cinquième introduisait la pop star ultime qu’est Lady GaGa alors que la sixième fût secrète jusqu’au lancement. Dire que cette septième fournée était attendue est un euphémisme; Ryan Murphy l’a teasé sur les réseaux sociaux et évoqua à tour de bras et d’interview sa direction : Donald Trump, politique, clown et sectes. Décryptage de ce premier épisode d’American Horror Story : Cult.

Le ton est donné dès la séquence pré-générique : rapide résumé de l’élection avant de suivre les deux « héros » qui réagissent à l’élection. D’un côté, on a la bourgeoisie représentée par Ally (Sarah Paulson) et sa femme, Ivy (Alison Pill) et de l’autre, les rednecks emmenés par Kai (Evan Peters). Autour d’eux gravitent d’autres seconds rôles comme Winter (Billie Lourd). Le titre de l’épisode – Election Night – indique que l’épisode se passe sur une seule et même nuit. Ou presque… Car la saison tournera autour de la notion et de la perception de la réalité.

L’épisode marque le come-back d’un personnage issu d’une précédente saison d’American Horror Story. Sans dévoiler son nom, on va simplement rappeler l’un de ses thèmes et aussi que ce personnage fût le mieux écris de la saison 4, American Horror Story : Freak Show. Il revient avec un twist qui demandera à être plus développé par la suite mais c’est le premier épisode, Ryan Murphy a le temps de torturer les spectateurs. L’intérêt de cette saison est le présence d’un double thème : les sectes et la coulrophobie. Il sera intéressant de voir dans quelles mesures l’un impacte l’autre et inversement. Si beaucoup de séries ont traité de l’élection (Game of Thrones, Scandal, The Good Fight), American Horror Story rejoint cette dernière dans la volonté d’affronter directement le Commander in Chief, une certaine facilité ressort de la démarche mais 7 ans d’American Horror Story ont appris une chose aux téléspectateurs : ne jamais croire ce que l’on voit.

Cette saison semble présenter un gros avantage contrairement aux autres : elle semble réaliste. Ancrée il y a à peine quelques mois, elle ne se couvre pas derrière des créatures fantastiques ou des éléments du folklore. Elle évoque une vraie pathologie et une situation critique actuelle. L’écriture s’en ressent. Chaque phrase est un commentaire sur les Etat-Unis d’Amérique comme l’illustre la scène de Sarah Paulson chez son psychiatre, campé par Cheyenne Jackson. Le casting est d’ailleurs le point fort de cet épisode. Sarah Paulson incarne à merveille cette femme battue, torturée, faible psychologiquement et après 7 saisons de torture, viol, massacre et perversité, on prend toujours un malin plaisir à la voir souffrir. Evan Peters est l’autre « révélation » de l’épisode. S’il est présent chaque saison depuis la première, American Horror Story : Murder House, il n’a pas toujours été bien traité scénaristiquement parlant. Dans cet épisode, on retrouve l’Evan Peters de la saison 1, l’anti-héros torturé, maquillé et destiné à secouer les foyers. On gardera un œil sur le personnage de Winter qui n’est pas sans rappeler les victimes de Charles Manson (on parie qu’on citera souvent ce nom cette saison). Ce rôle est un miroir de celui d’Evan Peters et devrait donner des sueurs froides aux amateurs d’horreur, d’enfants et de nourrices psychopathes. On notera la présence à haute dose de sexe comme si le sexe était lié à de la psychose, une interprétation déjà présente dans certaines saisons mais ici de manière plus directe et invasive.

Ce premier épisode d’American Horror Story : Cult propose, outre ses classiques hommages aux films de genre et aux autres saisons, un rendu assez juste des réactions à l’issue de l’élection de Donald Trump. Servi par un casting de haute-volée et une réalisation qui joue volontairement avec les nerfs des spectateurs, il donne le ton d’une saison qui, une fois encore, devrait surprendre les spectateurs pour le meilleur comme pour le pire.

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